
Il s'agit d'un modèle entièrement neuf, juste monté, peint et décoré. Je scrutais Ebay pour un variateur TEU-101BK quand Willy a surgi au détour d'une page et je n'ai pas pu résister
.
Ce modèle est tellement décalé dans le monde du modélisme radio-commandé que j'ai toujours eu l'idée de l'ajouter à ma collection : j'attendais l'affaire en or, elle s'est présentée, j'ai cliqué...

Willy
est le plus emblématique des pilotes chez Tamiya et dans le monde du modélisme radio-commandé en général. Il est né en 1982 à la sortie du kit 58035 Wild Willy Willys M38 et apparait à nouveau l'année suivante au volant du kit 58039 Willy's Wheeler, la version "route" du modèle précédent.
58035 Wild Willy Willys M38 (1982) ![]() ![]() |
Le boxart![]() |
58039 Willy's Wheeler (1983) ![]() ![]() |
Le boxart![]() |
L'approche est assez révolutionnaire pour l'époque puisque ce modèle a été conçu spécifiquement pour faire des wheelings et absolument pas dans l'intention de proposer un modèle stable et performant. Le succès commercial sera franc et massif pour Willy, tout particulièrment le premier modèle.
17 ans plus tard, Tamiya décide de confier à nouveau un volant à son piloté déjanté. Pour cela, le châssis WR-01, dont le nom signifie Willy Ranger, va être adapté pour fournir un véhicule sur mesure à ce pilote hors norme.
Le châssis WR-01 du Blackfoot Xtreme![]() |
Le châssis WR-02 de Willy![]() |
Le boxart![]() |
58242 Wild Willy 2 (1999) ![]() ![]() |
Willy dans l'exercice de son art![]() |
Le châssis WR-02 est un châssis WR-01 qui a subi quelques modifications de manière à favoriser les wheelings :
l'empattement a été diminué d'un bon tiers
l'accus est placé en position longitudinale sur le train arrière pour alléger le train avant
la transmission est strictement identique à celle du Blackfoot Xtreme (mêmes ratios)
les jantes et pneus proviennent du Madbull et possèdent un diamètre inférieur à ceux du Blackfoot Xtreme
les triangles sont plus courts pour réduire la voie
Ce déséquilibre dans la répartition des masses alourdit au maximum l'arrière du châssis dans un seul et unique but : alléger l'avant de manière à ce que les phares éclairent le ciel à la moindre accélération.
| Vidéo de Willy en action (© Tamiya) |
Willy le cascadeur (© Tamiya) |
Le Wild Willy 2 ne peut pas être considéré comme la réédition du modèle de 1982 (ce qui en ferait la première réédition de l'histoire de Tamiya) car le châssis comme la carrosserie sont différents de l'original. Toutefois, les différences entre les deux carrosseries sont minimes puisque tous les accessoires, pilote compris, sont identiques.
Comme je l'ai annoncé en introduction, le modèle est neuf, entièrement monté, peint et décoré. De plus, il est déjà entièrement équipé de roulements à billes (16 de type 1150).
Il n'y a donc strictement rien à faire sur ce modèle hormis un détail : pour l'esthétique, j'ai choisi de remplacer les amortisseurs hydrauliques en aluminium déjà présents par des modèles 50519 de Tamiya qui sont noirs. Du côté du moteur, le 540 Mabuchi est largement suffisant : le but avec Willy n'est pas de rouler vite mais de rouler "artistiquement"
.
Le châssis à son arrivée![]() |
Willy pas tout à fait prêt pour l'action![]() |
Il n'y a vraiment pas grand'chose à faire sur ce modèle parfaitement monté et décoré. Pour d'évidentes raisons de protection lors du transport, certains éléments restent à assembler. Un bras de Willy s'est détaché mais un simple point de colle va le remettre en possession de tous ses moyens.
Willy paré pour l'action![]() |
Super concentré ce Willy![]() |
Même à l'arrêt, ce modèle penche dangereusement sur son train avant comme s'il anticipait déjà un démarrage sur les chapeaux de roues. Il est d'ailleurs nécessaire de coller les pneus sur les jantes, surtout à l'arrière (l'avant sera peu utilisé de toute façon
).
Tous les câbles sont sertis, l'équipement électronique est réglé, le pack d'accus est gavé d'électrons : il est temps de lâcher la bête.
Plus qu'une véritable sortie, j'ai surtout réalisé un test pour vérifier que Willy était en pleine forme et j'ai surtout profité de le prendre en photo avant qu'il ne commence ses cascades. Au premier coup de gaz, Willy a de suite vérifié que le ciel était bien à sa place au-dessus de lui : quelques mètres plus loin, la barre de wheeling ne pouvait plus contenir sa fougue et la roue de secours recevait ses premières rayures
.
Il est comme ça, Willy, énervé, sanguin, furieux et fougueux : il faut le prendre en photo avant de lui donner sa première dose d'électrons sous peine de ne jamais pouvoir dire "je vous assure que les rayures ne sont pas d'origine, j'en ai la preuve"
.
Willy vient donc remplacer Vanessa dans ma collection et je ne regrette pas du tout mon choix. A tout moment, il était possible d'accélérer à fond pour faire partir mon Lunch Box en wheeling, mais inexplicablement, j'essayais toujours de retrouver un comportement plus sain comme l'attestent les différentes modifications que j'avais fait subir au châssis. Avec Willy, impossible d'être sérieux : ce modèle n'est tout simplement pas conçu pour ça. Il est déjà difficile de le prendre au sérieux à l'arrêt, mais en roulant, c'est impossible : Willy est un pilote déjanté et le but est de tenter de le contrôler entre deux fou rires. Comparé au Lunch Box, le Wild Willy II est beaucoup plus vif, plus imprévisible mais moins erratique dans son comportement. Au final, je prends beaucoup plus de plaisir à faire n'importe quoi en le pilotant parce que je n'ai jamais été tenté de rouler sérieusement avec. Je crois que le génie de Tamiya réside précisément en ça avec Willy : du fun, encore du fun et rien que du fun.

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Première publication : 20 septembre 2010 Dernière modification : 24 mai 2011 |