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Le tout terrain par Tamiya

Après avoir passé en revue les plateformes pour châssis piste, voyons à present les stratégies commerciales et industrielles de Tamiya dans le domaine du tout terrain. Ici aussi, je vais parler de plateformes de châssis : pour une question de logique, leur chronologie d'apparition et par conséquent celle des modèles eux-mêmes n'est absolument pas respectée.

Autant vous prévenir, cette page va être encore plus longue à afficher que celle des plateformes pour châssis piste car elle comporte beaucoup plus de vidéos hébergées sur Youtube. Commercialement, Tamiya a davantage fait de publicité autour de ses modèles tout terrain : plusieurs de ces vidéos de promotion illustrent donc la description des différentes plateformes. Certaines ne sont pas présentées ici mais sont disponibles sur Youtube.



La 1ère plateforme tout-terrain

Le monde du tout-terrain a fait son apparition dès 1977 dans la gamme de véhicules radio-commandés de Tamiya, soit 1 an après la sortie du tout premier modèle de la marque. Le 4ème modèle produit par Tamiya est le XR311 Combat Support Vehicle : il inaugure un segment de marché qui sera par la suite beaucoup développé dans les années 80. Un seul autre véhicule utilise cette plateforme : le modèle 58007 Lamborghini Cheetah.


Le châssis du XR311 prévu pour fonctionner avec des piles sèches ou un pack d'accus (!)
XR311 chassis
Le châssis du XR311 réédité en 2000
XR311 rereleased chassis
La transmission du XR311
XR311 rear drivetrain
Le boxart du XR311
XR311 boxart

58004 - XR311 Combat Support Vehicle (1977 et 2000)
XR311 Combat Support Vehicle

XR311 Combat Support Vehicle
58007 - Lamborghini Cheetah (1978)
Lamborghini Cheetah

Lamborghini Cheetah

Ces deux modèles ont des châssis identiques hormis un empattement légèrement plus court sur le Cheetah. Dans les deux cas, il s'agit véritablement de maquettes roulantes : les détails des carrosseries sont extrêmement poussés, tellement qu'il est rarissime qu'un modèle ayant roulé soit encore totalement équipé, notamment en ce qui concerne les rétroviseurs saillants. En revanche, contrairement aux premiers modèles piste, la carrosserie de ces deux modèles ne provient pas de la série de maquettes statiques "Big Scale" au 1/12ème. A dire vrai, je ne suis pas parvenu à trouver l'une ou l'autre carrosserie dans aucune gamme de Tamiya, même à une échelle différente : la seule conclusion possible est qu'il s'agit de productions spécifiques pour ces modèles.

Il est à noter que le soucis du détail cher à Tamiya n'a pu être complètement satisfait avec ce châssis puisque les modèles grandeur nature sont des véhicules 4x4 permanents alors que leurs répliques radio-commandées sont des 2 roues motrices propulsion. La fin des années 1970 marque les débuts du modélisme radio-commandé et la technologie de l'époque ne permettait vraissemblablement pas de pousser aussi loin le soucis du détail. Il en va de même pour la suspension qui est confiée à des barres de torsion en plastique qui se logent horizontalement sur le châssis alors que les modèles grandeur nature posèdent des amortisseurs aux 4 roues.

Voici deux vidéos des premiers modèles tout-terrain de Tamiya : la première est la vidéo de promotion de l'époque. La seconde est une splendide réalisation de TamOR, un membre de Tamiyaclub dont quelques photos illustrent cette section. A noter que j'ai été contraint de supprimer l'excellente bande-son sur la vidéo de TamOR pour des questions de droits : c'est lamentable, mais je n'ai malheureusement pas eu le choix.


    La vidéo de promotion de 1976-1977 (© Tamiya)
    
     Le Lamborghini Cheetah de TamOR de Tamiyaclub (© TamOR)
     

Le XR311 Combat Support Vehicle est le seul modèle à avoir été réédité en série limitée en 2000, mais il reste extrêmement rare et les pièces détachées le sont tout autant. Avoir le privilège de voir encore évoluer de tels modèles qui ont à présent plus de 30 ans est un véritable plaisir.

Stratégiquement, le point le plus intéressant est de noter que Tamiya semble ne pas avoir hésité à investir plus lourdement dans le design et l'outil de production pour développer les carrosseries totalement inédites de ces deux modèles tout terrain. Et ce, 1 an seulement presque jour pour jour après avoir sorti le premier modèle radio-commandé de son histoire dont il est vrai que les ventes se sont rapidement révélées très importantes.



La plateforme SRB

Le nom de ces châssis signifie Special Racing Buggy mais n'a jamais été l'appellation officielle bien que la mention figure sur le manuel, la boite et le compartiment radio de tous les modèles (à l'exception des Holiday Buggy et Sand Rover). Tamiya n'a en effet commencé à nommer ses châssis qu'à partir du TA-02 sorti en 1993.
La plateforme SRB fait partie des plus mythiques dans la gamme Tamiya. Elle est apparue en 1979 avec le Rough Rider et s'est achevée en 1982 avec le Super Champ ... avant que Tamiya ne réédite le Rough Rider en 2009 à la surprise générale (sous le nom Buggy Champ, kit 58441). Une version économique de cette plateforme a également équipé deux autres modèles, le Holiday Buggy (kit 58023 en 1980) et le Sand Rover (58024 en 1981).


Châssis SRB version 1
SRB version 1 chassis
Trains SRB version 1
SRB version 1 drivetrains
Châssis SRB version 2
SRB version 2 chassis
Trains SRB version 2
SRB version 2 drivetrains

La version 2 de ce châssis apporte essentiellement une modification de la suspension arrière dont seul le dernier modèle de la série, le Super Champ, a profité. Les 4 modèles SRB :


58015 Rough Rider (1979 et 2009)
Rough Rider
58016 Sand Scorcher (1979 et 2010)
Sand Scorcher
58027 Ford F150 Ranger XLT (1981)
Ford F150 Ranger XLT
58034 Super Champ (1982)
Super Champ

A l'exception du Super Champ sur lequel les éléments sensibles sont protégés par des ballons, ces modèles disposent d'une boite radio étanche. Cette caractéristique, parmi d'autres, leur permet d'évoluer sur tous les terrains, et tout particulièrement sur la plage. La plage est de fait leur terrain de prédilection car ils souffrent par ailleurs de deux inconvénients majeurs :
Flèche l'absence de différentiel
Flèche une suspension peu efficace

Les avantages d'une transmission sans différentiel sont la solidité et l'excellente motricité, mais son inconvénient est que le vehicule est difficilement maîtrisable sur un sol à forte adhérence. De plus, le train arrière est pourvu d'un carrossage positif très important : les roues arrières sont fortement inclinées vers l'extérieur comme le montrent les photos ci-dessus. Ceci est dû à une architecture particulière : les roues sont reliées aux triangles par un axe rigide et non par un porte-fusées. La conséquence est que le mouvement des roues est exclusivement vertical. Les pneus ne sont donc pleinement efficaces que lorsque la suspension est compressée, ce qui réduit d'autant l'adhérence du train.

Quelques vidéos pour présenter ces modèles mythiques : les promotions de l'époque par Tamiya ainsi que deux autres magnifiques qui sont l'oeuvre de TamOR, un membre de Tamiyaclub. A noter que j'ai été contraint de supprimer l'excellente bande-son sur la vidéo de TamOR pour des questions de droits : c'est lamentable, mais je n'ai malheureusement pas eu le choix.


    La vidéo de promotion des Special Racing Buggy (© Tamiya)
    
     La vidéo de promotion du Super Champ (© Tamiya)
     
    Le Rough Rider de TamOR de Tamiyaclub (© TamOR)
    
     Le Ford F150 Ranger XLT de TamOR de Tamiyaclub (© TamOR)
     

D'autres vidéos de ces modèles sont disponibles sur Youtube.

Les SRB sont des modèles conçus pour la plage et le sable à l'image des véhicules grandeur nature dont ils s'inspirent (sauf peut être le Ford Ranger). Ils sont également très à l'aise sur les terrains boueux, y compris dans les flaques d'eau et de boue qui les attirent irrésistiblement. Réservés à une utilisation purement loisir, ce sont les seuls châssis Tamiya qui sont véritablement tout terrain en dehors de la première génération de châssis 3 speed (voir plus bas).

Contre toute attente, Tamiya a lancé la réédition du Rough Rider en 2009 sous le nom Buggy Champ (kit 58441). Personne n'imaginait que Tamiya puisse ressortir ses modèles "tout métal", que ce soit pour des questions de coût ou de faisabilité. Bon nombre de spéculateurs doivent encore en pleurer de rage alors que les vrais fans sont tout particulièrement enthousiastes.


Le châssis du Buggy Champ
58441 Buggy Champ
Le train arrière du Buggy Champ
58441 Buggy Champ
Le Buggy Champ en action
58441 Buggy Champ
Le Buggy Champ dans son élément
58441 Buggy Champ

La série des SRB ne s'arrête pourtant pas tout à fait à ces seuls 4 modèles mythiques (5 en comptant le Buggy Champ). En effet, en 1980, Tamiya va produire une version économique de la plateforme SRB avec le Holiday Buggy qui sera suivi du Sand Rover en 1981.


58023 Holiday Buggy (1980)
58023 Holiday Buggy
Le châssis du Holiday Buggy
58016 Sand Scorcher
58024 Sand Rover (1981)
58024 Sand Rover
Les trains du Holiday Buggy
Holiday Buggy Transmission
L'arrière du Sand Rover : suspension et pignonerie
Holiday Buggy

58023 Holiday Buggy (1980)
Holiday Buggy
58024 Sand Rover (1981)
Sand Rover

Le châssis en epoxy et la boite radio étanche des SRB ont ici été remplacés par un châssis baignoire, la transmission a été simplifiée et le moteur est devenu un modeste Mabuchi 380. Le carrossage et l'absence de différentiel sont toujours au rendez-vous, en revanche, la piètre suspension a totalement disparu à l'arrière pour être remplacée par de simples tubes de caoutchouc coincés entre une plaque epoxy et les triangles. C'est donc la torsion de la plaque epoxy qui fait office de suspension. Les défauts des SRB sont préservés voire amplifiés, mais le principal sur cette version économique vient de la pignonerie qui est laissée à l'air libre.


    La vidéo de promotion du Holiday Buggy (© Tamiya)
    
     La vidéo de promotion du Holiday Buggy et du Sand Rover (© Tamiya)
     

Les Holiday Buggy et Sand Rover sont donc adaptés au sable, à condition qu'il soit bien plat et sec mais que pas un grain ne vienne se mettre dans les pignons sous peine de les "tondre" en quelques minutes. Malgré tout, ces deux modèles de "plage" sont particulièrement recherchés pour leurs magnifiques carrosseries et leurs pilotes particulièrement détaillés et réalistes.

Il est important de noter que Tamiya réalise un coup de maître avec sa deuxième plateforme de modèles tout terrain alors même que sa présence sur le marché du modélisme radio-commandé est très récente : aujourd'hui encore, les modèles SRB sont adulés par les fans. Le marché commence à montrer les premières prémices de la folie tout terrain qui va s'emparer de lui à peine quelques années plus tard et au cours de laquelle Tamiya va écrire des pages très importantes de son histoire et de celle du monde du modélisme radio-commandé en général.



La plateforme FAV

FAV signifie Fast Attack Vehicle, mais ce n'est pas ni le nom de cette plateforme, ni celui donné par les fans : c'est uniquement celui que je lui donne ici par commodité. Plateforme est d'ailleurs un bien grand mot car seuls deux modèles l'utilisent, et d'autre part, elle n'est pas vraiment originale.


58046 Fast Attack Vehicle (1984)
Fast Attack Vehicle
58050 Wild One (1985)
Wild One

    La vidéo de promotion du Fast Attack Vehicle (© Tamiya)
    
     La vidéo de promotion du Wild One (© Tamiya)
     

Cette plateforme utilise des élements connus : la transmission et les cardans sont issus du Frog, les amortisseurs avant et le parechoc proviennent du Grasshopper. La baignoire du châssis ressemble beaucoup à celle d'un Grasshopper qui aurait été modifiée afin de passer l'accu en position transversale : difficile d'établir cependant un lien avéré entre les deux modèles sur cette pièce.

Stratégiquement, cette plateforme marque un tournant dans le design des modèles Tamiya : le recours au plastique sera désormais la norme, et le réalisme ne concernera plus que les carrosseries toujours aussi détaillées dans leur moulage, mais comprenant beaucoup moins d'accessoires annexes. C'est véritablement la fin de l'époque des maquettes roulantes sur le segment des buggys 2 roues motrices.



La plateforme ORV

Le nom de cette plateforme signifie Off Road Vehicle. C'est encore une fois un nom donné par les fans.
Cette lignée de châssis est très importante dans la gamme Tamiya car elle a compté plusieurs modèles mythiques. Le premier à inaugurer ce châssis fut le kit 58038 Subaru Brat en 1983. Sa dernière évolution interviendra en 1997 sur le King Blackfoot (58192).


Le châssis original du Frog
Frog chassis
Les trains du Frog
Subaru Brat drivetrains
La transmission du Frog
Frog transmission
Le châssis du Subaru Brat réédité
Subaru Brat chassis

En configuration grosses roues, le châssis bénéficie d'une tour sur le train avant qui permet de l'équiper d'un système de suspension plus performant. Les générations suivantes ont bénéficié d'un train arrière modifié.


Le châssis du Monster Beetle
Monster Beetle chassis
Les trains du Monster Beetle
Monster Beetle drivetrains
Le châssis du King Blackfoot
King Blackfoot chassis
Les trains du King Blackfoot
King Blackfoot drivetrains

Les principaux modèles sur les différentes applications et évolutions du châssis ORV :


58038 Subaru Brat (1983 et 2007)
Subaru Brat
58041 The Frog (1984 et 2005)
The Frog
58060 Monster Beetle (1986)
Monster Beetle
58192 King Blackfoot (1997)
King Blackfoot

En plus de 14 années de service, le châssis ORV aura équipé, entre autres : le Frog, trois générations du mythique Blackfoot et le Monster Beetle. Avec la ré-édition des Frog et Subaru Brat (en 2005 et 2007), il est devenu plus facile de trouver des pièces de rechange bien que certaines soient spécifiques aux différentes versions du châssis.


    La vidéo de promotion des Subaru Brat et Lancia Rally (© Tamiya)
    
     La vidéo de promotion du Frog (© Tamiya)
     
    La vidéo de promotion du Monster BeetleTamiya)
    
     La vidéo de promotion du King BlackfootTamiya)
     

D'autres vidéos de ces modèles sont disponibles sur Youtube.

Le défaut majeur de cette lignée est la faiblesse de la boite de transmission sur la première série de véhicules grosses roues : les contraintes liées à la taille des roues exercent des pressions qui finissent par tordre les plaques métalliques qui enveloppent le différentiel. Les modèles affectés sont le Blackfoot, le Monster Beetle et le Mud Blaster. Les modèles suivants ont reçu une boite de transmission entièrement revue qui a corrigé le problème en modifiant complètement l'architecture du train arrière.

Ces modèles ont été conçus pour le loisir et ont enchanté une génération entière d'amateurs. Aujourd'hui, les ré-éditions du Subaru Brat et du Frog prolongent le plaisir et permettent d'organiser des courses très agréables entre amis. Quant aux versions grosses roues, aucune n'a encore été ré-éditée : c'est un manque que tous les fans aimeraient voir comblé par Tamiya.

Stratégiquement, cette plateforme compte parmi les plus importantes de l'histoire de Tamiya. En effet, elle va être commercialement à l'origine de l'engouement presque mono-maniaque du public pour les buggys tout terrain jusqu'à la fin des années 80. Les plateformes Grasshopper sur l'entrée de gamme, puis Hostshot en 4 roues motrices viendront très rapidement complèter l'offre et participer très activement à l'âge d'or du modélisme radio-commandé.
Mais elle va également participer très activement au développement du segment "Grosses Roues" avec le Blackfoot puis le Monster Beetle. Car Tamiya n'a pas créé ce segment de marché : cet honneur revient à Marui et son Big Bear sorti en 1985, soit un an auparavant.

La lignée Blackfoot est cependant l'un des plus grands succès commerciaux de Tamiya :


58058 Blackfoot (1986)
Blackfoot
58110 Super Blackfoot (1992)
Super Blackfoot
58192 King Blackfoot (1997)
King Blackfoot
58312 Blackfoot Xtreme (2003)
Blackfoot Xtreme

Bien que le Blackfoot ne soit pas à l'origine du segment de marché "Grosses Roues", il va en devenir le leader incontesté en raflant l'essentiel des ventes : il s'agit de l'un des plus grands succès commerciaux de Tamiya, au point d'en faire à partir de 1986 le seul et unique modèle dont une génération soit en permanence restée au catalogue de vente. C'est encore le cas en 2009 avec le Blackfoot Xtreme dont il est problable qu'une nouvelle génération fasse son apparition sous peu.



La plateforme Grasshopper

Il s'agit de l'une des plus importantes lignées de châssis de toute l'histoire de Tamiya dans le secteur du modélisme radio-commandé, et celle ayant certainement généré le plus de ventes. Tout au moins sur le créneau du loisir d'entrée de gamme qui est particulièrement stratégique puisqu'il constitue le principal point d'entrée des nouveaux adeptes dans ce loisir. Le moins que l'on puisse dire est que Tamiya a visé particulièrement juste avec le Grasshopper lancé en 1984 (kit 58043). 25 ans après son introduction, ce châssis équipe encore le kit 58416 Rising Fighter sorti fin 2008.

Ce châssis buggy extrêmement robuste est d'une conception simple : une transmission inusable enfermée dans un pont fixe basculant, un châssis baignoire en résine d'ABS et de simples ressorts en guise d'amortisseurs. Les puristes qui découvrent ce châssis sont bons pour une crise cardiaque : le concept même de suspension ne peut pas s'appliquer à ce "machin" qui sautille en permanence, pas la moindre possibilité de règlage en vue, faire une course avec ce type de véhicule relève de la pure hérésie. Certes, mais l'avis des puristes à propos de ce modèle, tout le monde s'en moque : le Grasshopper n'est pas fait pour eux. Le Grasshopper est exclusivement destiné aux débutants dans le modélisme radio-commandé, aux jeunes et à tous ceux qui veulent s'amuser sans se prendre la tête : pour tous ceux-là, qui entre nous sont nettement plus nombreux que les acharnés de la compétition, le Grasshopper est tout simplement le meilleur modèle jamais conçu.


Le châssis original
Grasshopper chassis
La version grosses roues
Lunch Box chassis
La première évolution
Grasshopper 2 chassis
La deuxième évolution
Madbull chassis

58043 Grasshopper (1984)
Grasshopper

58063 Vanessa's Lunch Box (1987)
Vanessa's Lunch Box

58074 Grasshopper II (1988)
Grasshopper 2

58205 Madbull (1997)
Madbull

Ci-dessous, les deux plus importants modèles de cette plateforme en buggy et Grosses Roues : il s'agit des best-sellers de chaque ligne de produits, les trois premiers ayant même été réédités. La présence du Madbull peut paraître suprenante, et pourtant : ce modèle est commercialisé sans discontinuer depuis maintenant plus de 12 ans.


58043 The Grasshopper (1984 et 2005)
The Grasshopper
58045 The Hornet (1984 et 2004)
The Hornet
58063 Vanessa's Lunch Box (1987 et 2005)
Vanessa's Lunch Box
58205 Madbull (1997) (ici en version XB Xpert Built)
Madbull

Dans la présentation ci-dessus, les châssis ne semblent pas forcément appartenir à la même lignée au premier coup d'oeil, le châssis de la dernière évolution s'appellant même DT-01 (voir la section DT plus bas). Et pourtant, tous ont en commun la même base :
Flèche le pont arrière est rigide et basculant ce qui procure un comportement sautilleur
Flèche la transmission est d'une solidité à l'épreuve des balles
Flèche tous vont donner de l'urticaire aux compétiteurs lol

C'est là le génie de Tamiya : avoir eu l'audace de proposer un châssis extrêmement fiable et solide, économique, et uniquement axé sur le loisir pur. Cette base mécanique a été ensuite adaptée à d'autres buggys comme le Hornet qui a lui aussi connu un immense succès puis à des véhicules grosses roues spécialisés dans le wheeling (dont le Vanessa's Lunch Box). Le Grasshopper II est une évolution qui apporte notamment un pivot central au pont rigide arrière basculant et améliore ainsi la suspension du train arrière. Le DT-01 est l'évolution suivante avec un repositionnement de l'accu et des amortisseurs arrière : il a lui aussi été décliné en buggy (le Mad Figter) et en un hybride buggy / grosses roues sur le Madbull.

La recette de cette plateforme ne s'est pas démentie en 25 ans d'existence, preuve, s'il en fallait, que le loisir sans prétention représente un véritable attrait pour le public. Même Tamiya a semblé l'oublier en 1994 avec la sortie du kit 58124 Super Hornet qui se voulait une version plus "sport" du Hornet : malgré son prestigieux héritage, il s'est peu vendu et ne sucite guère l'enthousiasme des collectionneurs.

Paradoxalement, nombreux sont les possesseurs d'un modèle de cette lignée à organiser des courses entre amis : c'est un moment de détente et de fous rires assurés. Essayer de maîtriser des véhicules qui sautillent et font des embardées, sans compter les modèles qui lèvent les roues avant dès qu'on touche la manette des gaz, ça relève moins du pilotage que du sauve-qui-peut.


Le Hornet
Hornet action
Le Grasshopper II
Grasshopper II action
Le Lunch Box
Lunch Box action
Le Madbull
Madbull action

Les photos ci-dessus sont l'illustration de cette base de châssis en pleine action. La première montre combien le pilote doit lutter pour tenter de suivre le tracé de la piste car les embardées du train arrière sont totalement imprévisibles. La deuxième illustre le comportement typiquement sautilleur de ces bolides (la photo a été prise en pleine ligne droite sur un sol plat lol). Sur la troisième, le Lunch Box fait ce qu'il résussit le mieux : ce n'est pas un hasard s'il est équipé d'une barre de wheeling. Quant à la dernière, elle montre le véhicule le plus stable de toute la lignée : la suspension très souple fait du Madbull une sorte de lézard des pistes capable de maintenir son cap malgré qu'une ou deux roues soit régulièrement projetée en l'air.


    La vidéo de promotion du Grasshopper (© Tamiya)
    
     La vidéo de promotion du HornetTamiya)
     
    La vidéo de promotion du Midnight Pumpkin (© Tamiya)
    
     La vidéo de promotion du Mitsubishi Pajero (© Tamiya)
     

D'autres vidéos de ces modèles sont disponibles sur Youtube.

Sur la base du Grasshopper, Tamiya a tout simplement produit une série de véhicules très solides, économiques et avant tout ludiques. C'est définitivement la base idéale pour un débutant, plus ou moins jeune, ou pour tout pilote qui souhaite s'amuser.

Cette plateforme représente l'un des plus importants pilliers stratégiques de Tamiya, à l'époque bien entendu, mais les répercussions se ressentent encore aujourd'hui dans une moindre mesure toutefois :
Flèche Industriellement : les volumes de production ont dépassé tous les records de la profession et continuent de le faire puisque des modèles sortis ou réédités récemment continuent d'utiliser les mêmes composants
Flèche Commercialement : le public a massivement adoré les modèles dans la seconde moitié des années 80 provoquant de véritables invasions de sauterelles (Grasshopper) et frelons (Hornet) partout sur la planète RC. Mais surtout, les volumes de vente ont été tellement soutenus et sur une si longue période qu'ils ont masqué le revirement radical du marché vers les modèles piste au tout début des années 90. Du jour au lendemain (ou presque), Tamiya a littérallement vu s'écrouler les ventes de cette plateforme : la gestion de budget devient particulièrement sportive dans de telles conditions
Flèche Image de marque : c'est avec cette plateforme que Tamiya s'est forgé la réputation de proposer des modèles économiques à succès. Pour de nombreux fans (et surtout détracteurs), Tamiya=buggy d'entrée de gamme. Cette réputation va littéralement plomber Tamiya pendant de très longues années. Aujourd'hui encore, malgré tous les titres mondiaux remportés par le fabricant, il n'est pas rare de constater que certains "vieux" compétiteurs n'ont toujours pas évolué dans leur opinion.



La plateforme DT

Le nom de cette famille de châssis signifie Dirt Two wheel-drive, soit "terre 2 roues motrices".
La famille DT comporte en réalité deux architectures de châssis sans aucun autre point commun que la dénomination de leur plateforme qui correspond au segment de marché visé par Tamiya.
La version DT-01 est l'évolution du mythique Grasshopper sorti en 1983. Elle apparait en 1996 avec le kit 58184 Fighter Buggy RX et ne compte que 3 modèles, probablement parce que le marché avait évolué et que le succès commercial n'atteignit pas le niveau escompté. Si on se base sur la gamme de Tamiya, le "fun" n'était vraiment pas de rigueur au cours de la petite décénnie 1996-2004, à la très notable exception du Wild Willy 2. Ce taré de Willy a toujours été un ovni dans le monde du modélisme radio-commandé, mais Tamiya lui a fait décrocher le pompon en 1999. Il faudra attendre 2004 avec la réédition du Hornet (58336) rapidement suivie de celles des Grasshopper et Lunch Box en 2005 pour retrouver un peu de "fun".


Le châssis DT-01
DT-01 Chassis
58184 Fighter Buggy RX (1996)
Fighter Buggy RX
58205 Madbull (1997)
Madbull
58275 Mad Fighter (2001)
Mad Fighter

    La vidéo de promotion du MadbullTamiya)
    
     La vidéo de promotion du Grasshopper IITamiya)
     

D'autres vidéos de ces modèles sont disponibles sur Youtube.

Le châssis DT-01 est donc bien le digne héritier du Grasshopper dont il conserve l'esprit ludique, la solidité à toute épreuve et le caractère sautilleur bien que le pivot central du train arrière basculant et les suspensions soient particulièrement efficaces (comparé à un Grasshopper). Les deux vidéos ci-dessus illustrent cette filiation, tout particulièrement la seconde qui ne saurait être plus explicite.

Le châssis DT-02 marque en revanche un changement radical : le pont arrière basculant caractéristique est abandonné au profit d'une suspension à triangles indépendants. La cible de clientèle est également totalement différente puisque le DT-02 se profile davantage comme un buggy de compétition. Certes, le choix des rapports de transmission vient séverement castrer ses vélléités sur la piste, mais sa conception tient beaucoup plus de ses cousins DF-02 et DF-03 que du Grasshopper ou du DT-01.


Le châssis DT-02
DT-02 Chassis
58340 Super Fighter G (2005)
Super Fighter G
58374 Sand Viper (2006)
Sand Viper

Le DT-02 équipe pour le moment 4 modèles dont le dernier en date est le kit 58401 Neo Falcon sorti en 2007. Il n'a de Falcon que le nom, tout comme le châssis DT-02 n'a strictement rien de comparable au DT-01. L'intérêt de ce châssis est d'apporter de la modernité dans la gamme des buggies 2 roues motrices afin de retrouver un comportement beaucoup plus proche des modèles de compétition actuels. La conséquence est l'abandon du facteur "fun" procuré par la plateforme Grasshopper mais de gagner considérablement en comportement et en précision dans le pilotage. Le DT-02 peut parfaitement permettre de débuter en compétition dans les manches dites "Standard".

Stratégiquement, le DT-01 s'inscrit de manière directe en continuité de la plateforme Grasshopper, même avec un autre nom. En revanche, le rôle du DT-02 est beaucoup plus obscur : certes, il comporte de nombreux points communs avec le DF-03 dans son positionnement en tant que modèle pour débuter en compétition, mais contrairement au segment des buggys 4 roues motrices, Tamiya ne dispose pas d'offre plus compétitive en buggy 2 roues motrices. Le DT-02 aurait donc pu être le produit d'appel pour un nouveau châssis buggy 2 roues motrices orienté compétition, mais il est déjà trop ancien pour servir de base à un tel développement. Il reste donc confiné au segment du loisir moderne et performant, la plateforme Grasshopper (sous son évolution DT-01 ou d'origine en réédition) occupant pour sa part le segment du loisir plus économique, le caractère vintage en plus.



La plateforme Falcon

Cette plateforme de châssis n'a pas de nom, ni officiel ni officieux : je l'appellerai donc Falcon du nom du premier modèle à l'avoir utilisé. Elle compte trois générations pour sept modèles en tout et pour tout : la première a été l'un des plus grands succès commerciaux de Tamiya avec un modèle unique, la seconde a été un fiasco avec deux modèles et la troisième repose avant tout sur le succès d'un seul modèle bien qu'il existe trois autres déclinaisons.


58056 The Falcon (1986)
The Falcon
Le châssis
Falcon chassis

La vidéo de promotion du Falcon (© Tamiya)
Le Falcon en action
Falcon action shot

Le Falcon est destiné au loisir comme le prouvent les 2 seuls rapports de démultiplication possibles. Ce buggy est extrêmement stable, rapide et bien suspendu : il évolue dans un tout autre registre que le Grasshopper bien que la cible de clientèle soit presque la même. Ce modèle n'a qu'un seul défaut : la jonction entre le pare-choc avant et la baignoire du châssis souffre d'une faiblesse qui occasionne rapidement une casse après avoir encaissé trop de chocs. Toutefois, il était relativement simple de bricoler une réparation de fortune pour remédier à la casse : généralement peu esthétique, elle permettait au moins de garder la protection offerte par le pare-choc.

La deuxième génération de la plateforme apparaîtra dès 1987. Il s'agit en fait d'une version économique du Falcon : les amortisseurs arrière sont à friction et les avant sont ceux du Grasshopper. La carrosserie en ABS est également très particulière : elle ressemble à un cockpit, le châssis en constituant toute la partie inférieure. De plus, elle est présentée par Tamiya comme une carrosserie "Formule 1" : une F1 tout terrain, c'est probablement pour annoncer la F1 4 roues motrices qui sortira quelques années plus tard sur le châssis piste F201. Si le concept semble aujourd'hui encore trop novateur, il en a été de même à l'époque car le Striker n'a pas été un succès commercial.
Le Sonic Fighter qui achèvera cette deuxième génération de la plateforme Falcon corrigera les deux plus grosses erreurs du Striker : les quatre amortisseurs seront hydrauliques et il sera présenté comme un vrai buggy au look un peu particulier, mais toujours avec cette étrange conception du châssis-carrosserie.


58061 Striker (1987)
Striker
58071 Sonic Fighter (1988)
Sonic Fighter
Le concept de châssis-carrosserie
Sonic Fighter body-chassis

    La vidéo de promotion du Striker (© Tamiya)
    
     La vidéo de promotion du Sonic Fighter (© Tamiya)
     

En tant que successeurs et évolutions du Falcon, ces deux modèles se montrent particulièrement indignes : leur carapace en ABS les alourdit considérablement, perdant la rapidité et la vivacité de leur prédécesseur. Quant au Striker, sa suspension économique ne fait qu'empirer les choses. En résumé, ces deux modèles font partie des plus grands flops de Tamiya.

La troisième génération de la plateforme Falcon apparaît en 1991 avec le kit 58093 Bear Hawk alors que le marché vient de basculer sur les modèles piste. La version buggy se limitera à ce seul modèle, les suivants utilseront des roues plus grosses pour entrer dans la catégorie des Stadium.


Le châssis du Bear Hawk
Bear Hawk chassis
Le châssis du Stadium Blitzer
Stadium Blitzer chassis
Le châssis du Blitzer Beetle
Blitzer Beetle chassis

58093 Bear Hawk (1991)
Bear Hawk
58106 Stadium Blitzer (1992)
Stadium Blitzer
58181 Stadium Thunder (1996)
Stadium Thunder

Le Bear Hawk se positionne sur l'entrée de gamme des buggys 2 roues motrices comme en attestent ses amortisseurs à friction rouges qui avaient été introduits 2 ans plus tôt sur le Madcap, modèle qui fournit également ses roues dont les jantes sont passées à la couleur blanche pour l'occasion. La carrosserie du Bear Hawk sera réutilisée 10 ans plus tard par Tamiya qui ajoutera simplement un aileron pour la greffer directement sur le Mad Fighter.

Les Stadium Blitzer et Stadium Thunder ouvrent une nouvelle niche de marché à Tamiya, celle de la catégorie Stadium. Bien que les collectionneurs ne soient pas particulièrement friands de ces modèles, ils ont connu un cycle de production particulièrement long ce qui tend à démontrer que le public a apprécié ces modèles.

Mais le modèle de la série qui connaîtra le plus grand succès commercial est le Blitzer Beetle équipé de la troisième adaptation de la populaire carrosserie Baja de la Volkswagen Beetle, après le Sand Scorcher en 1979 et le Monster Beetle en 1986. Outre les qualités du châssis dans cette version Stadium, c'est surtout la carrosserie qui va provoquer l'engouement du public. Il est à noter que Tamiya va même produire une série limitée de ce modèle avec une carroserie chromée en 1999.


58122 Blitzer Beetle (1996)
Blitzer Beetle
58252 Blitzer Beetle Chrome Metallic (1999)
Blitzer Beetle Chrome Metallic

La version limitée Chrome Metallic figure étonnamment dans la gamme des kits standards, et non dans celle des séries spéciales / limitées (numérotée en 49xxx). Seuls deux autres modèles possèdent cette particularité, et il s'agit dans les deux cas de rééditions : le Midnight Pumpkin en 2006 (référence 58365) et le Super Clod Buster en 2009 (référence 58423).

Mais ceci fait surtout du Blitzer Beetle le tout premier modèle de l'histoire de Tamiya à avoir été réédité ! 5 années s'écouleront avant que le programme de rééditions ne démarre véritablement avec la sortie du modèle 58321 Super Clod Buster qui est une version légèrement modifiée du Clod Buster de 1987 (voir plus bas sur la page). En passant toutefois sous silence la ré-édition en série limitée du XR311 en 2000 sous la même référence que le kit original (58004).


Au milieu des années 80, il semblerait que Tamiya ait eu du mal à trouver le bon concept pour un châssis 2 roues motrices en tout terrain. Après les modèles "scale" (les SRB), les modèles économiques (Grasshopper / Hornet), et après le Fox plutôt orienté compétition (tout du moins dans sa conception), Tamiya semble rechercher la plateforme idéale pour satisfaire le milieu de gamme en buggy 2 roues motrices. La plateforme ORV initialement prévue pour cet emploi sera finalement déclinée uniquement sur le segment Grosses Roues.

Stratégiquement, la plateforme Falcon montre à première vue les difficultés que Tamiya semble avoir rencontré dans la conception d'un châssis tout terrain 2 roues motrices de milieu de gamme qui séduise le public entre le milieu des années 80 et le début des années 90. Au-delà, le marché ayant presque complètement basculé vers les modèles piste, la plateforme Falcon appliquée aux buggys sera abandonnée avec le Bear Hawk : la version Stadium résistera quelques années de plus avant d'être également abandonnée.

C'est en réalité davantage le marché qui est en cause : la seconde moitié des années 80 est l'ère des buggys 4 roues motrices et celle des modèles Grosses Roues dans une moindre mesure. Le marché des buggys tout-terrain 2 roues motrices se concentre uniquement sur l'entrée de gamme, le milieu voire haut de gamme n'existe pratiquement pas car les clients qui disposent du budget correspondant préfèrent de loin investir dans un modèle 4 roues motrices. L'énorme succès commercial du Falcon s'explique parce qu'il est très précisément positionné entre l'entrée de gamme 2 roues motrices des Grasshopper / Hornet et l'entrée de gamme des buggys 4 roues motrices comme le Boomerang. Le segment compétition en tout terrain 2 roues motrices n'existe pratiquement pas à l'époque, et c'est dans tous les cas le Kyosho Ultima qui remporte tous les suffrages. L'échec du Fox au niveau compétition incitera Tamiya à ne surtout pas insister dans cette voie alors que le gros du marché est ailleurs.



La plateforme Hotshot

Il ne s'agit pas du nom officiel de cette série de châssis, à la fois parce que Tamiya ne l'a jamais nommée mais aussi parce que les fans ne lui ont pas non plus attribué de nom particulier. Il n'en demeure pas moins que cette plateforme est très importante dans l'histoire de la marque car il s'agit des premiers buggys 4 roues motrices de Tamiya, des premiers à vocation de s'aligner dans les compétitions internationales, et qu'enfin ils ont assuré l'offre en buggy 4x4 de Tamiya de 1985 avec le kit 58047 Hotshot jusqu'en 1989 avec le kit 58078 Fire Dragon. Cette plateforme laissera ensuite sa place au DF-01 (kit 58087 Manta Ray) dans les années 90.

La première génération de la plateforme a été déclinée en 3 variantes concernant la suspension :
   Flèche 1 amortisseur par train
   Flèche 2 amortisseurs arrière et 1 amortisseur avant
   Flèche 2 amortisseurs par train


Le châssis du Hosthot
Hotshot chassis
Le châssis du Supershot
Supershot chassis
Le châssis du Boomerang
Boomerang chassis
Le châssis du Bigwig
Bigwig chassis

Les trains du Hotshot
Hotshot drivetrains

Les trains du Supershot
Supershot drivetrains

Les trains du Boomerang
Boomerang drivetrains

Les trains du Bigwig
Bigwig drivetrains

58047 Hotshot (1985)
Hotshot
58054 Supershot (1986)
Supershot
58055 The Boomerang (1986)
The Boomerang
58057 The Bigwig (1986)
The Bigwig

58047 Hotshot (1985 et 2007)
Hotshot
58055 The Boomerang (1986 et 2008)
The Boomerang

Il existe également une déclinaison 2 roues motrices de cette plateforme avec le modèle 58051 The Fox. Ce sera l'unique tentative de Tamiya d'utiliser cette plateforme pour un buggy 2 roues motrices visant la compétition.


58051 The Fox (1985)
The Fox
Le châssis
The Fox chassis
Les trains avant et arrière
The Fox drivetrains
La transmission
The Fox gearing

Il peut être surprenant de voir le Fox figurer au sein de la lignée Hotshot : et pourtant, il s'agit bien d'une adaptation 2 roues motrices tout autant destinée à la compétition par Tamiya. Le principe de levier pour la suspension arrière n'a pu être implanté sur le Fox qui doit recourir à une suspension plus classique due à l'obligation de positionner le moteur le plus à l'arrière possible du châssis pour garantir une meilleure motricité. En revanche, le principe d'amortisseur unique a été repris à l'avant, de même que le concept de châssis-caisson. Quant à la suspension par double amortisseurs du Fox, elle sera immédiatement implantée sur le Supershot (à l'arrière comme à l'avant).


Le Fox
The Fox
Le même action (ici équipé d'une barre anti-roulis avant)
The Fox action shot

Le caractère unique du Fox dans la gamme s'explique quant à lui de manière stratégique : Tamiya a rapidement compris que les défauts de naissance de sa plateforme représentaient un handicap sérieux dans le domaine de la compétition. En revanche, les modèles ont connu un franc succès auprès du public dans le cadre d'une utilisation loisir. Or si le Hotshot et ses dérivés apportaient à la fois les 4 roues motrices et de très bonnes performances, le Fox n'apportait que les performances. Pour le segment des modèles 2 roues motrices ciblant le loisir, Tamiya disposait de la plateforme Grasshopper qui connaissait déjà un succès commercial sans précédent dans l'industrie. Par ailleurs, l'engouement du public dans le domaine de la compétition tout terrain portait presque exclusivement sur les buggys 4 roues motrices : les 2 roues motrices contribuaient très peu à l'image de marque de leurs constructeurs. L'avenir du Fox était donc irrémédiablement scellé.


    La vidéo de promotion du Hotshot (© Tamiya)
    
     La vidéo de promotion du FoxTamiya)
     

D'autres vidéos de ces modèles sont disponibles sur Youtube.

Cette plateforme conçue par Tamiya dans l'optique de la compétition ne tiendra pas ses promesses bien que les performances des châssis (aussi bien du Hotshot que du Fox) aient montré d'honorables aptitudes. Le confinement de l'électronique à l'intérieur d'un châssis caisson n'est pas compatible avec les exigences de la compétition où il est nécessaire de fréquemment intervenir sur le châssis, notamment pour les changements de fréquence radio. Par ailleurs, pour originale que soit la suspension à effet de levier, elle ne s'avère pas aussi efficace et précise qu'une solution classique.

Malgré tout, cette plateforme est idéale pour le loisir où les exigences sont moindres, en offrant cependant des performances de très bon niveau. Commercialement, les modèles ont été des succès au point que Tamiya a réédité plusieurs modèles de la série (le Hotshot en 2007 et le Boomerang en 2008). Stratégiquement, cette plateforme donnera naissance aux fameux amortisseurs hydrauliques jaunes qui ont été unanimement salués pour leur efficacité à l'époque. Enfin, c'est un virage stratégique pour Tamiya qui se tourne sérieusement vers le monde de la compétition et qui n'aura dès lors de cesse de proposer des modèles dans l'objectif de remporter des titres internationaux tout en continuant de miser sur le marché du loisir qui est son coeur de métier.

Petite digression concernant les fameux amortisseurs hydrauliques jaunes introduits par le Fox en 1985 : il ne s'agissait pas des premiers amortisseurs à bain d'huile constant sur le marché, mais des premiers qui soient à la fois performants, fiables et qui ne fuyaient pas tout en restant d'un tarif abordable. Leur design général n'a d'ailleurs pas vraiment évolué depuis cette époque, preuve que leur conception était particulièrement réussie. Toutefois, il existe deux versions de ces amortisseurs jaunes :
Flèche celle de la première série de production du Fox
Flèche celle qui intègrera ensuite la majorité des Fox et que l'on retrouvera ensuite sur tous les autres modèles à être équipés de ces amortisseurs


La première version
First hydaulic damper generation
La version la plus répandue
Second hydaulic damper generation
La version actuelle (50520)
Current hydaulic damper generation

La différence entre la toute première version et celle qui va la remplacer après quelques mois de production se situe au sommet du piston de l'amortisseur. Initialement, c'est un piston libre et un ressort qui permettaient d'assurer le léger déplacement vertical du volume d'huile lorsque l'amortisseur est compressé. Son évolution remplace ce système par une membrane en caoutchouc qui assure exactement la même fonction, probablement avec davantage de souplesse et donc d'efficacité. La génération actuelle apparue sur le modèle 58068 Lotus Honda 99T en 1987 (toujours de couleur jaune à l'époque) apporte essentiellement une modification du joint d'étanchéité à la base du cylindre, mais surtout l'utilisation d'olives comme embase pour le ressort. Cette dernière amélioration permet de faire varier la longueur de la chape inférieure de quelques millimètres : ceci fait donc varier la longueur totale de l'amortisseur dans la même proportion et permet de l'adapter à davantage de systèmes de suspension sur les différents châssis.


Revenons à la plateforme Hotshot car elle a connu une évolution en 1987, avec là aussi deux déclinaisons concernant la suspension :
   Flèche 2 amortisseurs arrière et 1 amortisseur avant
   Flèche 2 amortisseurs par train


Le châssis du Thunder Shot
Thunder Shot chassis
Les trains du Thunder Shot
Thunder Shot drivetrains
Le châssis du Terra Scorcher
Terra Scorcher chassis
Les trains du Terra Scorcher
Terra Scorcher drivetrains

58067 Thunder Shot (1987)
Thunder Shot

58073 Thunder Dragon (1988)
Thunder Dragon

58075 Terra Scorcher (1988)
Terra Scorcher

58078 Fire Dragon (1989)
Fire Dragon

58067 Thunder Shot (1987 et 2005)
Thunder Shot
58078 Fire Dragon (1989 et 2008)
Fire Dragon

    La vidéo de promotion du Thundershot (© Tamiya)
    
     La vidéo de promotion du Terra Scorcher (© Tamiya)
     

D'autres vidéos de ces modèles sont disponibles sur Youtube.


Cette seconde génération de la plateforme Hotshot est uniquement destinée au marché du loisir, Tamiya ayant pris conscience des limites de conception de sa plateforme pour la compétition. Ceci n'a eu aucun impact sur le succès des ventes de la série, notamment grâce à des carrosseries qui répondaient à la mode de l'époque sur le marché japonais (les modèles "dragon"). Le Fire Dragon, dernier représentant de la lignée, a d'ailleurs été réédité en 2008 (kit 58403) et le Thunder Shot dès 2006 (kit 58361).

Stratégiquement, le "lifting" opéré par Tamiya semble avoir été principalement destiné à occuper le segment des buggys 4 roues motrices de loisir en continuant de surfer sur la vague de la première génération.



La plateforme Avante

Là encore, le nom du modèle initial servira de référence pour la plateforme sans qu'il s'agisse de son nom officiel ni même de celui donné par les fans. Il s'agit d'un modèle emblématique de Tamiya, une démonstration de savoir-faire, un autre bijou de pure technologie après le modèle 58059 Porsche 959 sorti en 1986. L'Avante est une tentative de proposer un buggy 4 roues motrices dédié à la compétition, un modèle qui concentre tout le savoir-faire du fabricant, et surtout, l'Avante vise à littéralement écraser la concurrence de l'époque par les considérables avancées techniques et technologiques qu'elle embarque. Le programme de l'Avante est donc extrêmement ambitieux puisque ce modèle doit permettre à Tamiya de faire oublier les défauts de la plateforme Hotshot en compétition et lui assurer de remporter ses premiers titres mondiaux dans la catégorie.


58072 Avante (1988)
Avante
Les trains de l'Avante
Avante drivetrains

Quelle voiture ! Dès le premier regard, tous les amateurs de modélisme radio-commandé de l'époque (et d'aujourd'hui encore) sont en extase devant la pureté des lignes de l'Avante. Mais pas seulement : avant même de regarder sous la carrosserie en forme de goutte d'eau, certains éléments techniques montrent un avant-goût des solutions particulièrement innovantes dont les ingénieurs de Tamiya l'ont équipée. Le but n'est pas de détailler ici toutes les innovations techniques que recèle ce modèle : un article en sera prochainement l'objet dans une autre partie du site. Il suffira de dire que l'Avante a marqué le monde du modélisme radio-commandé par le nombre et la nature de ses innovations techniques. C'est une voiture conçue sans ambiguïté pour la compétition, mais elle avait une fonction supplémentaire : être une vitrine du savoir-faire technique de Tamiya. Dans cette optique, l'Avante a parfaitement rempli sa mission en se démarquant fortement de la concurrence de l'époque.

Avec l'Avante, Tamiya a réalisé une démonstration magistrale d'ingénierie qui fait date dans l'histoire du modélisme radio-commandé. Mais elle reste également comme un cuisant échec en ce qui concerne les résultats en compétition. Commercialement, l'Avante n'a pas non plus été un succès extraordinaire : c'est surtout a posteriori que les fans ont pris conscience de l'importance de ce modèle. Mais à l'époque, le public de compétiteurs que visait l'Avante a très vite déchanté : la voiture était extrêmement complexe et s'avérait de plus très fragile. Sans compter que ses performances sur les pistes ne se révélaient pas aussi prometteuses que son design le laissait supposer.

Pour le grand public généraliste qui est le coeur de cible de Tamiya, l'Avante n'était tout simplement pas un modèle qui correspondait aux attentes, que ce soit par sa complexité comme par son positionnement tarifaire. C'est pourquoi Tamiya décline son modèle en une version plus économique la même année.


58076 Vanquish (1988)
Vanquish
Les trains du Vanquish et les options disponibles
Vanquish drivetrains and Hop-ups

    La vidéo de promotion de l'Avante (© Tamiya)
    
     La vidéo de promotion du Vanquish (© Tamiya)
     

Pour le Vanquish, Tamiya a eu massivement recours au plastique partout où l'Avante utilisait du carbone, les triangles ont été simplifiés et le châssis est de type baignoire (rallongé d'environ 2,5cm). Au passage, la plupart des roulements à billes ont disparu, le moteur 540VZ Technigold devient un 540 classique et les amortisseurs sont les hydrauliques jaunes si connus.

Tamiya prend rapidement conscience des défauts de l'Avante et tente de les corriger sur l'Egress. Cette deuxième génération apporte essentiellement une augmentation du débattement de la suspension avant et une fiabilisation générale du châssis. Toutefois, l'Egress ne permettra pas non plus à Tamiya d'atteindre ses objectifs en compétition, pas plus que la troisième et dernière génération introduite en 1990 avec l'Avante 2001. Cette dernière version est à considérer comme la version corrigée et définitive de l'Avante : toutefois, les innombrables innovations introduites par l'Avante qui se sont révélées exploitables sont à présent également utilisées par les concurrents. L'Avante 2001 arrive donc avec trop de retard, et surtout beaucoup moins de charme technique que le concept original : ce modèle ne se révélera pas capable d'atteindre les objectifs de performance en compétition ni des volumes de vente conséquents.


58079 Egress (1989)
Egress
58085 Avante 2001 (1990)
Avante 2001

Avec l'Avante, Tamiya a très lourdement investi pour prendre pied au plus haut niveau de la compétition internationale en buggy 4 roues motrices. Les ingénieurs ont conçu un véritable bijou de technologie très en avance sur son époque et qui va marquer le monde du modélisme radio-commandé, mais pas de la manière dont Tamiya l'avait anticipé. En effet, l'Avante se révèle être le plus pur exemple d'un design si complexe qu'il en oublie une qualité essentielle en compétition : la fiabilité. L'Egress corrigera un très grand nombre de défauts et se révélera un excellent modèle : de nombreux pilotes privilègieront ce modèle pour s'aligner en compétition, mais aucun résultat international ne viendra sera inscrit au palmarès.

Toutefois, le design si avancé de l'Avante trouvera des applications aussi bien chez les concurrents que dans le reste de la gamme Tamiya. Ainsi, l'implantation longitudinale du moteur et de l'accu en parallèle avec l'axe du cardan central se retrouvera des années plus tard dans le design de nombreux modèles, notamment sur des plateformes piste comme le TB-01.

Stratégiquement, l'Avante est extrêmement importante pour Tamiya : malgré ses défauts, ses volumes de vente insuffisants et l'absence de tout résultat en compétition internationale, ce modèle est la démonstration d'un savoir-faire de très haut niveau, très en avance sur son époque. Et justement, de trop haut niveau, et trop en avance. Mais l'Avante témoigne surtout d'une très ferme volonté d'investir massivement dans le domaine de la compétition. Tamiya prouve qu'il est capable de mobiliser des ressources en ingénierie et au niveau industriel qui sont considérables pour atteindre cet objectif : les observateurs les plus avertis de l'époque auront accordé une très grande attention à ce modèle et à ce qu'il implique comme investissement de la part de Tamiya. Les moins perspicaces auront probablement souri des erreurs de design dont le modèle est farci. Le revirement soudain du marché vers les modèles piste au début des années 90 va couper court au programme compétition de Tamiya en tout terrain, mais le fabricant va alors s'investir massivement dans la compétition sur piste et y démontrer tout son savoir-faire.

L'Avante est le véritable point de départ de toute la stratégie de Tamiya dans le monde de la compétition au plus haut niveau international : en effet, ce modèle est le premier utilisé par une toute nouvelle entité du fabricant, le désormais célèbre Team TRF (Tamiya Racing Factory Team). Il s'agit d'une entité qui regroupe des pilotes professionnels et des ingénieurs exclusivement dédiés à la compétition. Le Team TRF été constitué en 1988 pour tester l'Avante et l'aligner dans ses premières compétitions, mais son objectif est très clairement de concevoir des modèles extrêmement performants et de porter Tamiya au sommet des podiums internationaux. Les développements du Team TRF se font indépendamment des modèles grand public qui bénéficient toutefois en retour de certaines technologies éprouvées en course, que ce soit directement dans le design des modèles (l'évolution de la plateforme TA d'une transmsission par cardan à une transmission par courroie) ou sous forme d'options (les fameux Hop-Ups TRF).



La plateforme Astute

Cette plateforme va porter ici le nom du modèle qui l'a inaugurée sans que cela soit une dénomination officielle ou officieuse.
Il s'agit de la deuxième plateforme de buggy tout terrain 2 roues motrices dédiée à la compétition dans la gamme Tamiya après la première tentative réalisée en 1985 avec le Fox. Cette plateforme compte trois groupes distincts de modèles :
Flèche les buggys de compétition
Flèche les buggys de loisir
Flèche les Stadium Trucks


Le châssis de l'Astute
Astute chassis
Le châssis de la Super Astute
Super Astute chassis

58080 Astute (1989)
Astute

58097 Super Astute (1991)
Super Astute

L'Astute est clairement conçue pour la compétition. On retrouve certains défauts de l'Avante, notamment ce sentiment de "trop" : trop complexe, trop travaillée, trop "voiture d'ingénieur". Mais son principal défaut est l'adhérence du train avant : Tamiya a placé le maximum de poids sur l'arrière du châssis, ce qui est souhaitable en 2 roues motrices, mais l'avant s'en trouve tellement soulagé qu'il sous-vire de manière très prononcée.

Sortie 2 ans plus tard, la Super Astute corrige les défauts de son aînée notamment en plaçant l'accu en position longitudinale pour gagner en directivité. Elle gagne en fiabilité et en simplicité, notamment au niveau des réglages du train arrière. Mais surtout, la Super Astute introduit le fameux TTC (Tamiya Traction Control) qui est une sorte de "slipper" (un mécanisme destiné à mieux transmettre la puissance du moteur). La Super Astute est véritablement une version aboutie de l'Astute qui sera souvent alignée dans les compétitions de l'époque.

Comme le Vanquish avec l'Avante, le Madcap et le Saint Dragon sont les déclinaisons "grand public" de l'Astute.


Le châssis du Madcap
Madcap chassis
58082 Madcap (1989)
Madcap
58083 Saint Dragon (1990)
Saint Dragon

Pour un modèle destiné au loisir, le Madcap s'avère tout indiqué pour débuter en compétition à condition de l'améliorer un peu (amortisseus et roulements à billes). Techniquement, le Saint Dragon est tout aussi apte à cet usage, mais il n'a guère été vu sur les pistes des clubs à l'époque : probablement la faute à sa carrosserie si particulière qui n'a pas séduit, en dehors du public japonais et des fans de manga.

Dans le même temps, Tamiya a sorti une déclinaison Stadium Truck en greffant des roues de plus gros diamètre sur sa plateforme Astute.


Le châssis du Nissan King Cab
Nissan King Cab chassis
58081 Nissan King Cab (1989)
Madcap
58086 Toyota Hilux Monster Racer (1990)
Toyota Hilux Monster Racer

Le châssis est quelque peu modifié pour cette adaptation mais l'intégralité de la transmission provient bien de l'Astute. Comme l'Astute et le Madcap, la faiblesse de ces modèles réside au niveau de la transmission. Mais là aussi, le TTC de la Super Astute était la solution pour gagner en fiabilité surtout lors de l'utilisation de moteurs puissants. Le King Cab et l'Hilux Monster Racer sont considérés comme des références sur le segment des Stadium Trucks de l'époque et ont très souvent été alignés en compétition. Un autre défaut de ces deux modèles est l'extrême fragilité de leur carrosserie moulée dans un lexan très fin.

Il existe un dernière évolution peu connue de la plateforme Astute. En réalité, il s'agit d'un développement spécifique mené par le Team TRF sur la base de la Super Astute. Le prototype qui en a résulté début 1992 est le TRF211X :
Flèche suspension de la Super Astute
Flèche géométrie de la Super Astute
Flèche transmission entièrement nouvelle
Flèche nouveaux amortisseurs
Flèche châssis en carbone
Flèche carrosserie en lexan

Le TRF211X ne sera jamais commercialisé mais donnera maissance aux kits 58116 Dynastorm et 58123 Dyna Blaster. Ces deux modèles reprendront l'essentiel du TRF211X au prix d'une modification des matériaux (châssis carbone vers fibre de verre (FRP), amortisseurs, pièces en aluminium vers plastique). Le Dynastorm reprendra pour sa part les lignes de la carrosserie du prototype TRF211X.


Le châssis du TRF211X
TRF211X chassis
Le châssis du Dynastorm
Dynastorm chassis
La transmission du Dynastorm
Dynastorm slipper

58116 Dynastorm (1992)
Dynastorm

58123 Dyna Blaster (1993)
Dyna Blaster

Stratégiquement, la plateforme Astute est aussi essentielle que l'Avante pour Tamiya, toute proportion gardée puisque le marché du tout terrain 2 roues motrices n'a bien évidemment pas la même importance ni le même prestige que celui des 4 roues motrices. Néanmoins, la stratégie développée par Tamiya avec l'Astute est exactement la même qu'avec l'Avante : figurer au plus haut niveau en compétitions internationales. L'objectif ne sera pas pleinement atteint, mais les résultats seront largement meilleurs qu'avec l'Avante. En effet, si l'Astute souffrait de défauts importants, la Super Astute les a complètement corrigé et a souvent été alignée en course. Le système TTC de la Super Astute sera d'ailleurs très souvent greffé par les premiers possesseurs d'Astute pour fiabiliser leur modèle.
Les déclinaisons économiques Madcap et Saint Dragon ont également été des succès commerciaux, le premier touchant sa cible des débutants en compétition alors que le second a répondu à la déférlante manga de l'époque.
Les versions Stadium Trucks ont également été des succès commerciaux et sont devenus des références en compétition sur ce segment.

Avec la plateforme Astute, Tamiya affiche là aussi sa très ferme volonté d'investir sérieusement le monde de la compétition. Comme avec l'Avante, des moyens considérables ont été investis dans cet objectif, et si les résultats n'ont pas été pleinement atteints, on ne peut en aucun cas parler d'échec. Industriellement et commercialement, la plateforme Astute est plus rationnelle que celle de l'Avante car elle permet d'attaquer trois segments de marché à partir d'une base commune. Le revirement du marché du modélisme radio-commandé vers les modèles piste va là aussi couper court aux efforts de Tamiya pour investir le plus haut niveau de la compétition. Ses efforts vont logiquement se concentrer dorénavant sur le marché des modèles piste, le Dynastorm restant encore de nos jours l'ultime évolution dans le domaine du tout terrain 2 roues motrices destiné à la compétition.



La plateforme DF

Le nom de cette famille de châssis signifie Dirt Four wheel-drive, soit "terre 4 roues motrices". A noter que le DF-01 ne portait pas cette appellation à ses débuts, elle n'est apparue que par la suite.
La première version de ce châssis est importante dans la gamme Tamiya car elle a donné naissance à la plateforme de châssis piste TA. Elle est importante également par sa longévité puisqu'elle est apparue en 1990 et qu'elle continue d'être déclinée en 2009.


Le châssis DF-01
DF-01 Chassis
Le châssis DF-02
DF-02 chassis
Le châssis DF-03
DF-03 chassis
Le châssis DF-03Ra
DF-03Ra chassis

58087 Manta Ray (1990)
58087 Manta Ray
58328 Gravel Hound (2004)
Gravel Hound
58370 Dark Impact (2006)
Dark Impact
58417 Subaru Impreza WRC (2008)
Subaru Impreza WRC Monte Carlo'07

La plateforme DF fait preuve d'une très grande versatilité dans la gamme Tamiya :
Flèche le DF-01 est l'origine de la plateforme TA
Flèche le DF-02 est une adaptation de la plateforme TT pour un usage buggy
Flèche le DF-03 est à présent décliné en version piste (et plus exactement Rallye)

Exemples très révélateurs de la filiation directe entre les plateformes DF et TA :


Châssis DF-01
DF-01 chassis
Châssis TA-01
TA-01 chassis
Châssis DF-01 Cross Country
DF-01 chassis CC setup
Châssis TA-01 / TA-02 (Ford F-150)
TA-01 / TA-02 chassis

Les deux premières photos ci-dessus montrent que le châssis TA-01 est une adaptation directe du DF-01 pour une utilisation piste. Les deux suivantes présentent les versions "cross country" de ces deux mêmes plateformes : là encore, on retrouve l'héritage commun au point de se demander s'il existe une différence. La réponse se trouve dans la liste des pièces du kit 58154 M1025 Hummer (TA-01/TA-02) à comparer avec celle du même modèle en version XB Expert Build référence 57714 annoncé sur châssis DF-01. Entre autres, la baignoire du châssis et les fusées arrière sont différentes, mais la distinction visuelle n'est pas du tout évidente.

Le DF-01 est la 4ème évolution des châssis buggy 4x4 de Tamiya. Conçu avant tout comme un châssis loisir, il sera pourtant décliné en version compétition sur le Top Force (100ème modèle de la gamme) puis à grand renfort d'options sur le Top Force Evolution (kit 58107).

Les modèles les plus significatifs de la famille DF-01 :


58087 Manta Ray (1990)
58087 Manta Ray
58100 Top Force (1991)
58100 Top Force
58107 Top Force Evolution (1992)
58107 Top Force Evolution
58406 Cayenne Transsyberia (2008)
58406 Porsche Cayenne S Transsyberia 2007

Le DF-02 possède beaucoup de points communs avec le châssis piste TT-01 qui l'a précédé en 2003 avec le kit 58302 Enzo Ferrari. Le parallèle est peu évident en ce qui concerne le châssis d'autant que l'agencement est inversé et que la version buggy est en voies larges, mais la partie transmission comporte en revanche de nombreuses pièces communes. Il s'agit d'un parallèle, non d'une filiation aussi directe qu'entre le DF-01 et le TA-01.


Le châssis DF-02
DF-02 chassis
Le châssis TT-01
TT-01 chassis
58328 Gravel Hound (2004)
58328 Gravel Hound
58302 Enzo Ferrari (2003)
58302 Enzo Ferrari

Le châssis DF-02 possède une faible garde au sol qui limite son utilisation aux terrains relativement peu accidentés. Il est à presque tous points de vue l'équivalent 4 roues motrices du châssis DT-02 (voir plus bas) : Tamiya le cible vers une utilisation loisir voire débutant en compétition.


Le DF-03 est la dernière évolution en date de cette plateforme. Elle est davantage orientée compétition et supporte aisément des motorisations extrêmement puissantes. Ce qui n'empêche pas les modèles basés sur le DF-03 d'être particulièrement intéressants dans le cadre d'une utilisation loisir, d'autant que leurs tarifs restent tout à fait abordables.


Le châssis DF-03
DF-03 Chassis
58370 Dark Impact (2006)
Dark Impact
58380 Keen Hawk (2006)
Keen Hawk
58387 Avante Mk.II (2007)
Avante Mk.II

Ce châssis est une forme de "retour aux sources" dans sa déclinaison DF-03Ra qui est apparue en 2008 avec le kit 58417 Subaru Impreza WRC Monte Carlo 2007. En effet, cette version Rallye est équipée de triangles plus courts afin de rétrécir les voies et transformer le châssis DF-03 en un véhicule piste. Une opération semblable mais de moindre envergure avait eu lieu en 1996 lorsque le DF-01 avait donné naissance au châssis TA-01 : la boucle est bouclée.


Le châssis DF-03
DF-03 chassis

Le châssis DF-03Ra
DF-03Ra chassis
Vidéo de présentation du châssis DF-03Ra comparé au DF-03 (© Tamiya USA)

La plateforme DF est une véritable colonne vertébrale dans la stratégie de Tamiya sur le marché des véhicules tout terrain. Sa versatilité a permis au fabricant de développer une base de châssis buggy de loisir, de la faire évoluer vers des solutions davantage orientées vers la compétition, mais aussi de la décliner en version piste pour créer une gamme de véhicules entièrement différents. Le kit 58087 Manta Ray sorti en 1990 est ainsi à l'origine plus ou moins directe de pratiquement 100 modèles dans la gamme Tamiya, soit un peu moins du quart d'une production qui couvre plus de 30 ans.

Commercialement, elle a permis à Tamiya de rester présent sur le marché du modélisme radio-commandé au début des années 90 en donnant naissance à la plateforme TA quand le public s'est soudainement tourné vers les véhicules piste. Les 2ème et 3ème générations ont avant tout pour rôle de viser une utilisation loisir, mais également des débutants en compétition et de leur donner le goût de monter en puissance sur des modèles purement dédiés à la compétition dans la gamme TRF.

Industriellement, la plateforme DF est une réussite malgré des débuts particulièrement difficiles dans le contexte du début des années 90. En effet, le DF-01 est toujours en production à l'heure actuelle, et de nouveaux modèles basés sur ce châssis sont encore sortis en 2008 et 2009, presque 20 ans après sa première commercialisation (en version tout chemin et non plus buggy toutefois). Sans compter avec les déclinaisons tout chemin basées sur un mix de châssis TA-01/TA-02 qui elles aussi équipent de nouveaux modèles, notamment dans la gamme XB Expert Build.



La plateforme DB

Le nom de cette plateforme signifie Dirt Belt-driven (terre transmission à courroie). Il s'agit de la version grand public du buggy TFR501X que Tamiya aligne officiellement dans les compétitions internationales.

Comme pour l'évolution de la plateforme TA en piste, Tamiya est passé d'une technologie de transmission à cardan central vers une transmission à courroies. En revanche, contrairement à ce qui s'est passé pour la plateforme TA, le DB-01 est entièrement nouveau : il ne s'agit donc pas d'un châssis DF-03 modifié.


Le châssis DB-01
DB-01 chassis
49401 TRF501X
TRF501X
42139 TRF511X
TRF511X
58395 Durga (2007)
Durga
58404 Baldre (2008)
Baldre

Le Durga et le Baldre sont des modèles très clairement orientés vers la compétition bien qu'ils conviennent parfaitement pour une utilisation de type loisir entre les mains d'un public averti. Ils marquent de plus un changement dans la stratégie de Tamiya pour la compétition tout terrain : comme pour les modèles piste, la transmission par cardan va désormais probablement être réservée aux modèles d'entrée et de milieu de gamme, le haut de gamme visant la compétition sera basé sur une transmission par courroie qui apporte en particulier un gain de poids très important.

Difficile de prévoir l'impact stratégique de cette plateforme pour l'avenir étant donné qu'elle est encore très récente (par rapport aux décénies d'existence d'autres plateformes dans la gamme de Tamiya). En revanche, les Durga et Baldre sont très souvent alignés dans les courses en clubs, ce qui démontre leur succès à la fois commercial et auprès du public de compétiteurs qu'ils visent.



La plateforme de l'Artiste

J'avais prévenu en introduction que la chronologie d'apparition des plateformes ne serait pas respectée pour une question de logique dans cet article : vous avez déjà certainement remarqué quelques anachronismes, mais à présent nous allons carrément revenir 25 ans en arrière pour aborder l'histoire d'un personnage emblématique dans la gamme Tamiya.

"Artiste" n'est absolument pas le nom officiel de cette famille de châssis, ce n'est pas non plus le nom que lui ont donné les fans. C'est uniquement celui que j'ai choisi pour rendre hommage au pilote le plus charismatique de toute l'histoire du modélisme radio-commandé : j'ai nommé Monsieur Willy. Pour changer un peu, la présentation va débuter par celle du personnage derrière le volant de deux des véhicules de cette série, mais on retrouvera Willy la star un peu plus loin sur cette page.

Mesdames et Messieurs, Monsieur Willy :

Mister Willy Mister Willy Mister Willy Mister Willy

Willy inspire de véritables artistes : ci-dessous, une oeuvre de RA272 qui met en scène Willy et le pilote du Fast Attack Vehicle. La version originale plus complète peut être admirée dans cette galerie qui présente d'autres dessins magnifiques du même auteur.

Willy art by RA272

Willy passionne tellement les fans que certains réalisent de véritables chefs d'oeuvre pour le décorer, mettre en valeur son expression hargneuse ou carrément le mettre en scène. Ce personnage exceptionnel ne pouvait prendre le volant que de véhicules eux aussi exceptionnels car totalement inédits et décalés dans le monde du modélisme radio-commandé. Car Monsieur Willy a des goûts bien particuliers : il ne pilote pas une voiture convientionnelle, et surtout pas comme on s'y attendrait. Willy ce qu'il aime, c'est s'accrocher au volant et mettre la pédale au plancher. Mais lui, il le fait pour soulever les roues avant et s'envoyer un wheeling de plusieurs mètres !


    58035 Wild Willy Willys M38 (1982)
    Wild Willy Willys M38

Wild Willy Willys M38
Willy en action (© Tamiya)
Willy action shot

Willy est également une star du cinéma publicitaire :


    Une vidéo de promotion du Wild Willy (© Tamiya)
    
     Encore une autre vidéo de promotion de Willy (© Tamiya)
     

Willy est le pilote attitré d'un autre véhicule cette fois dédié à une utilisation sur piste (enfin, pas une piste de compétition !) qui a eu peu de succès en Europe mais qui s'est très bien vendu notamment au Japon. Le Willy's Wheeler est en tout point identique à la version tout terrain, hormis la carrosserie et des pneus piste de plus faible diamètre. Deux autres modèles beaucoup plus conventionnels utilisent une version allongée de ce châssis et perdent au passage toute aptitude au wheeling. Ils perdent également le bénéfice du pilotage exceptionnel de Willy, ce qui explique peut être leur succès commercial relativement limité :


58036 Audi Quattro Rally (1983)
Audi Quattro Rally
58037 Opel Ascona 400 Rally (1983)
Opel Ascona 400 Rally
58039 Willy's Wheeler (1983)
Willy's Wheeler
Le châssis court du Willy's Wheeler
Willy's Wheeler short chassis
Le châssis long de l'Audi Quattro
Audi Quattro long chassis

    La vidéo de promotion du Willy's Wheeler (© Tamiya)
    
     La vidéo de promotion de l'Audi Quattro et l'Opel Ascona (© Tamiya)
     

La version allongée du châssis et le repositionnement de l'accu en position centrale enlèvent le caractère très enjoué des modèles pilotés par Willy. Ceci ne permet toutefois pas d'octroyer la moindre qualité de comportement au châssis dont la suspension sommaire le fait rebondir comme une sauterelle. Et justement, en parlant de sauterelle, cette plateforme peut être considérée comme l'ancêtre du Grasshopper, notamment en ce qui concerne le train arrière qui, pour la première fois sur un véhicule tout terrain dans la gamme Tamiya, intègre un différentiel. Celui-ci est enfermé dans un pont rigide dont l'architecture est assez semblable à celle que l'on retrouvera sur le Grasshopper, hormis la liaison au châssis qui repose ici sur deux bras massifs en plastique : elle sera simplifiée et allégée le Grasshopper. Sur le principe, nous avons donc la preuve que Willy s'est accouplé à une étrange créature qui a donné naissance à une sauterelle. Quant au concept, les Lunch Box et Midnight Pumpkin sont de très dignes héritiers de Willy, le pilote en moins.

Le Wild willy a connu deux phases de production, la première jusqu'en 1986 environ et la seconde pour la fin de sa carrière. La seconde version introduit des pièces plastiques plus résistantes sur la partie avant du châssis (notamment le support d'amortisseur qui était fragile) et des améliorations plus conséquentes au niveau de la boite de transmission (carter, support moteur, les couronnes en aluminium qui s'usaient rapidement sont changées par les mêmes en plastique qui sont calées par des paliers en bronze). Les barres de wheeling ont également été corrigées et l'empattement général du châssis a été allongé de quelques millimètres pour éviter à Willy de basculer trop facilement sur le toit.

Stratégiquement, l'intêret de cette plateforme semble avant tout reposer sur les épaules de son pilote, mais en réalité, Willy va avoir un impact considérable sur le monde du modélisme radio-commandé de l'époque, mais surtout sur Tamiya : en effet, le succès commercial phénoménal de ce modèle fait prendre conscience à Tamiya de tout le potentiel du marché des modèles d'entrée de gamme destinés uniquement au loisir. La carrosserie est toujours aussi détaillée (c'est la marque de fabrique), mais l'usage n'a plus à être strictement réaliste comme ont pu l'être les SRB ou encore les 3 Speed. Le public se révèle être très demandeur de ces modèles magnifiques, simples et prodigieusement amusants à faire rouler. Ce succès va également donner confiance à Tamiya qui n'hésitera pas à faire à nouveau preuve d'audace et d'originalité dans ses productions, mais également dans sa stratégie. Car nous verrons plus loin que Willy peut être considéré comme l'instigateur du programme de rééditions.



La plateforme WR

Le nom de cette plateforme signifie Willy Ranger : ce nom est au moins aussi déconcertant que le nouveau saut dans le temps de 17 ans que nous effectuons à présent. En effet, cette plateforme compte une version WR-02 dédiée au Wild Willy 2 qui explique parfaitement son nom et montre au passage tout le charisme de ce pilote hors norme. En revanche, le châssis WR-02 est apparu... après le WR-01 inauguré par le Wild Dagger. Tamiya a donc nommé sa plateforme de châssis d'après un modèle sorti plusieurs mois après son introduction, preuve que Willy n'est pas revenu par hasard : Tamiya avait annoncé le retour de l'artiste plusieurs mois à l'avance. C'est a priori la seule fois dans son histoire que le fabricant s'est autorisé un tel clin d'oeil.

Honneur à la première version de cette plateforme qui s'inscrit dans la continuité de la tradition des Monster Trucks nés en 1986 avec le Blackfoot sur la plateforme ORV.


Le châssis WR-01
WR-01 chassis
58231 Wild Dagger (1999)
Wild Dagger
58366 Double Blaze (2006)
Double Blaze
58309 Twin Detonator (2003)
Twin Detonator
58396 Dual Hunter (2007)
Dual Hunter

Il s'agit très clairement d'une révision radicale du genre pour l'adapter aux exigences du marché actuel : de l'ère des Blackfoot et Monster Beetle, il ne reste que les pneus à chevrons et picots du dernier. Dorénavant, le châssis est constitué d'une poutre centrale inspirée du châssis piste TL-01 sur laquelle 2 moteurs assurent la propulsion. A noter que les triangles proviennent du TL-01B, la version buggy du châssis piste TL-01.

Tamiya semble toutefois avoir marqué une période d'observation après la sortie du Wild Dagger en 1999 : la même année, Traxxas sort l'Emaxx, sa version survitaminée du concept Monster Truck. L'Emaxx et les nombreux modèles d'autres concurrents qui investissent rapidement ce segment feront clairement de l'ombre au Wild Dagger qui s'adresse pour sa part à un public différent davantage orienté sur un usage loisir. En 2003, alors que le marché du Monster Truck bat toujours son plein, Tamiya fait une nouvelle tentative avec le Twin Detonator qui apporte simplement une carrosserie différente. Mais ce modèle est accompagné de la référence absolue sur le marché depuis 17 ans : le Blackfoot.


58312 Blackfoot Xtreme (2003)
Blackfoot Xtreme
Mon Blackfoot Xtreme en action
Blackfoot Xtreme action shot

Le Blackfoot Xtreme est le seul modèle de la série à ne disposer que d'un seul moteur afin de respecter le concept originel de la lignée Blackfoot. Il est aussi le seul à porter une carrosserie très détaillée en ABS, là encore pour rester dans la tradition. Le Blackfoot Xtreme fait honneur aux trois précédentes générations qui l'ont précédé : malgré l'abandon de la mythique plateforme ORV et le contexte très concurrentiel de l'époque, il réalise lui aussi de très bons scores de vente qui aideront le Twin Detonator à réussir sa propre carrière commerciale en tant qu'alternative 4 roues motrices. En faisant appel au vénérable Blackfoot, Tamiya a été en mesure de dynamiser le segment purement loisir du marché Monster Truck.

Mais la plateforme Willy Ranger ne compte pas que la seule version WR-01 : une variante WR-02 a fait son apparition quelques mois plus tard et apportera l'explication à son nom.


Le châssis WR-02
WR-02 chassis
Vue du châssis entièrement équipé
Fully equiped chassis
Le boxart
Willy's boxart

58242 Wild Willy 2 (1999)
Wild Willy 2
Willy se dégourdit les roues
Wild Willy 2 action shot

    Vidéo de Willy en action (© Tamiya)
    
     Willy le cascadeur (© Tamiya)
     

49337 Wild Willy 2 Metallic Special (2003)
Wild Willy 2 Metallic Special
Même en costume du dimanche, Willy met les gaz (© Tamiya)

Willy n'a pas pris la moindre ride en 17 ans, la carrosserie a très peu évolué et le concept est toujours identique : du loisir pur, du wheeling et beaucoup de plaisir. La nouveauté se situe au niveau du châssis qui a été entièrement revu : il s'agit simplement d'un châssis WR-01 dont l'empattement a été considérablement réduit pour que Willy puisse exécuter ses cascades. Les roues sont celles du Madbull sorti 2 ans plus tôt, mais en version chromées. Bien entendu, le succès commercial sera au rendez-vous pour cette nouvelle apparition de Willy. Tamiya sortira même une série limitée chromée pour rendre hommage à ce pilote hors du commun.

Bien qu'il ne s'agisse pas à proprement parler d'une réédition, le Wild Willy 2 peut toutefois être considéré comme le modèle test de ce programme : c'est pour le moins celui qui a probablement donné l'idée à Tamiya de revisiter son héritage. Un deuxième test l'année suivante avec la réddition du modèle 58004 XR311 permettra de valider tout l'intérêt du public pour ce programme.

Stratégiquement, le Wild Willy 2 est aussi important que lors de son apparition en 1982 : 17 ans plus tard, il apporte du "fun" dans l'offre commerciale de Tamiya dont les gammes sont essentiellement concentrées sur le marché des véhicules piste. Par ailleurs, c'est le modèle qui a relancé l'intérêt du public pour les rééditions permettant ainsi à Tamiya de se diversifier encore en créant de fait un marché vintage sur lequel nul autre constructeur ne peut le concurrencer car le positionnement loisir des modèles de l'époque fait qu'ils peuvent à nouveau occuper ce segment de marché de manière naturelle. Ce n'est pas du tout le cas des autres constructeurs : soit ils ont disparu, soit ils disposaient uniquement de modèles orientés compétition qui ne peuvent être aujourd'hui positionnés ni sur le segment du loisir, ni bien entendu sur celui de la compétition puisqu'ils sont technologiquement dépassés.



La plateforme 3 Speed

Le nom de cette plateforme de châssis n'est pas une appellation officielle, c'est là encore le nom par lequel tous les passionnés se réferrent à ces modèles, y compris pour la seconde génération.
Il s'agit d'une famille de modèles assez exceptionnels et uniques dans le monde du modélisme radio-commandé. En 1981, Tamiya présente le modèle 58028 Toyota 4x4 Pick Up : il sera suivi de trois autres modèles dont le dernier est sorti en 1992. Plus d'une décénie plus tard, une version reprennant le concept original avec une architecture modernisée apparaîtra en 2006 avec le kit 58372 Ford F350 High-Lift.
Dans les deux cas, il s'agit avant tout de maquettes roulantes et de mécaniques extrêmement sophistiquées. Les quatre modèles sortis sur la plateforme originale sont de véritables pièces de collection qui s'arrachent à des tarifs exhorbitants.


Transmission 3 Speed version 1
3 Speed transmission version 1
Châssis 3 Speed version 1
3 Speed chassis version 1
Transmission 3 Speed version 2
3 Speed transmission version 2
Châssis 3 Speed version 2
3 Speed chassis version 2

58028 Toyota 4x4 Pick Up (1981)
Toyota 4x4 Pick Up
58029 Blazing Blazer (1982)
Blazing Blazer
58048 Toyota 4x4 Bruiser (1985)
Toyota 4x4 Pickup Bruiser
58111 Toyota 4x4 Mountaineer (1992)
Toyota 4x4 Pickup Mountaineer

Réalisme est le maître-mot de ces modèles qui évoluent en 4 roues motrices sur le 1er rapport pour le franchissement, puis en 2 roues motrices sur les 2ème et 3ème pour la vitesse. De plus, les châssis disposent d'un compartiment étanche pour accueillir toute l'électronique et la transmission est protégée : ils peuvent réellement évoluer de manière très réaliste dans n'importe quelle condition. Pour tous les amateurs, la transmission de ces modèles est un pur bijou de mécanique.


    La vidéo de promotion des Hilux et Blazing Blazer (© Tamiya)
    
     La vidéo de promotion du Bruiser (© Tamiya)
     

D'autres vidéos de ces modèles sont disponibles sur Youtube.

Plus d'une décennie s'est écoulée avant que Tamiya ne revisite ce segment de marché avec une nouvelle gamme de modèles. De fait, il semble à présent très improbable que les modèles originaux soient réédités car la dernière image ci-dessous n'est pas un montage : c'est une photo officielle qui provient du site de Tamiya USA. L'héritage semble plus qu'évident.


Transmission 3 speed moderne
Modern 3 speed transmission
Transmission et châssis
Modern 3 speed transmission
58372 Ford F350 High-Lift (2006)
58372 Ford F350 High-Lift
Histoire de famille
3 speed time tunnel

58372 Ford F350 High-Lift (2006)
58372 Ford F350 High-Lift (2006)
58397 Toyota Hilux High Lift (2007)
58397 Toyota Hilux High Lift

58415 Toyota Tundra Highlift (2008)
58415 Toyota Tundra Highlift
Extrait vidéo de la transmission 3 speed (© Tamiya / Voir la vidéo complète)

Les solutions mécaniques sont différentes, mais le concept reste absolument identique et les fans de la génération vintage sont parmi les plus fervents fans de la nouvelle car le réalisme et la complexité mécanique sont toujours au rendez-vous.

Ici encore, Tamiya fait preuve d'originalité dans le monde du modélisme radio-commandé, misant à la fois sur son savoir-faire en matière mécanique et sur le réalisme toujours à la pointe de ses carrosseries. Le concept 3 speed actuel se situe entre le marché des franchisseurs purs et durs (les "crawlers") sur lequel Tamiya s'est positionné avec la plateforme CR-01 (voir plus bas) et celui des véhicules "tous chemins" dits "scale" où Tamiya est également présent avec la plateforme CC-01 (voir également plus bas).
La série initiale de modèles 3 Speed revêt une grande importance pour l'image de marque de Tamiya : déjà unanimement reconnu pour le réalisme de ses carrosseries, le public lui attribue une réputation de réalisme mécanique tout à fait justifiée. De fait, les modèles 3 Speed, aussi bien les originaux que les actuels, comptent parmi les plus réalistes jamais produits à cette échelle.



La plateforme CC

Le nom de cette plateforme signifie Cross Country, d'où l'acronyme CC, ou XC puisque le X peut être l'abréviation de Cross (croix) en anglais. CC ou XC, il n'en demeure pas moins que cette plateforme est dédiée au Trial Scale, c'est à dire à ce que l'on appelle communément le tout chemin voire le "franchissement réaliste" : pour être parfaitement clair, c'est ce que vous faites avec votre 4x4 grandeur nature lorsque vous prenez un chemin de forêt pour aller rejoindre le lieu de votre pique-nique du week-end (espèce de fainéant, tu pourrais marcher un peu : tu ne sais donc pas que ça saccage l'environnement ? Je m'égare ).

Cette plateforme est donc purement vouée au réalisme, le domaine de prédilection de Tamiya.


Le châssis CC-01
CC-01 Chassis
Vu du dessous
CC-01 chassis bottom
La boite de transmission
CC-01 gearings

Six modèles ont été déclinés sur cette plateforme entre 1994 et 2004.


58132 Mitsubishi Pajero Metaltop Wide (1993)
Mitsubishi Pajero Metaltop Wide
58141 Jeep Wrangler (1994)
Jeep Wrangler
58152 Isuzu Mu (1994)
Isuzu Mu

58166 Isuzu Mu Type X (1995)
Isuzu Mu Type X

58178 Honda CR-V Sport Utility (1996)
Honda CR-V Sport Utility

58324 Volkswagen Race-Touareg (2004)
Volkswagen Race-Touareg

Cette plateforme a été un succès commercial pour Tamiya qui a su miser sur son savoir-faire en matière de réalisme. Alors que le marché s'est massivement tourné vers les modèles piste, ces modèles ouvrent avec succès un nouveau segment de marché qui permet au fabricant de diversifier encore son offre.

Les deux premiers modèles de cette plateforme sont les références du marché et sont très activement recherchés par les collectionneurs. D'autant plus que Tamiya a connu un sérieux problème de licence avec la Jeep Wrangler dont la commercialisation a dû être interrompue prématurément (ce modèle a été réédité en série limitée en 2009). Une autre version du Mitsubishi Pajero avait été prévue en 1999 (kit 58249) pour relancer la série, mais pour une raison inconnue, Tamiya l'a annulée et l'a finalement commercialisée en version XB.

La période d'activité de cette plateforme court donc de 1993 à 1996 pour la première vague, une seconde aurait dû avoir lieu en 1999 et n'arrivera finalement qu'en 2004. La réédition de la Jeep Wrangler en série limitée est peut être un test de Tamiya pour évaluer l'actuel marché du Trial Scale pour le mettre en parallèle avec celui des Crawlers (voir plus bas la plateforme CR) et le succès de la plateforme 3 Speed modernisée. Une troisième vague CC pourrait donc arriver d'ici la fin d'année 2009 ou en 2010. Note d'octobre 2009 : la troisième vague d'activité de la plateforme CC se concrétise par l'annonce de la sortie du kit 58445 Toyota Land Cruiser 40.

Ici encore, la stratégie de Tamiya a été d'innover en misant sur le réalisme qui est l'un de ses atouts maîtres pour créer un nouveau segment de marché qui lui a permis de diversifier son offre alors que le marché était avant tout centré sur les modèles piste.



La plateforme Clod Buster

En 1987, Tamiya lance un véhicule ... énorme : 2 moteurs, 4 roues motrices, 4 roues directrices, double amortisseur par roue, le tout monté sur des roues d'un diamètre de 16,5cm, soit plus hautes que n'importe quel buggy. Tout autre modèle semble ridiculement petit et léger à côté de ce monstre : même les précédents modèles "Grosses Roues" font petits joueurs comparés à un Clod Buster.


Le châssis du Clod Buster vu du dessus
Clod Buster chassis top view
Le châssis du Clod Buster vu du dessous
Clod Buster chassis bottom view

58065 Clod Buster (1987)
Clod Buster

58089 Bullhead (1990)
Bullhead

58321 Super Clod Buster (2004)
Super Clod Buster

Pour donner une idée de l'énormité de la bête
True monster

La dernière photo ci-dessus montre le Clod Buster modifié de mon ami Teamneogordini en train de maltraiter mon King Blackfoot équipé de sa carrosserie de Monster Beetle.


La vidéo de promotion du Clod Buster (© Tamiya)


Les Monster Trucks de cette plateforme sont énormes, très lourds, et deux moteurs ne sont pas de trop pour les déplacer. Ils ne sont bien évidemment pas conçus pour autre chose que du loisir : leur poids et leur centre de gravité très élevé leur interdit de participer à la moindre course. Ils sont exactement à l'image des Monster Trucks américains qui se donnent en spectacle en écrasant tout ce qui se trouve sur leur chemin.

Le Clod Buster est le père de tous les Monster Trucks actuels. Avec ce modèle, Tamiya a créé l'actuel marché des Monster Trucks de type Emaxx : ces derniers sont uniquement dopés aux stéroïdes des 20 années d'évolution technologique qui les séparent.
Le Bullhead est un Clod Buster dont la carrosserie et la couleur de certaines pièces changent : à noter que ses amortisseurs jaunes sont à friction, comme les rouges de son aîné. Mais ce modèle n'a pas connu un succès commercial à la hauteur de son illustre prédécesseur.

Quant au Super Clod Buster, il n'apporte pas de réelle évolution, seule la couleur de certaines pièces change ainsi que des détails de la carrosserie et de la décoration. De fait, ce modèle marque une véritable régression dans le design de la plateforme : en effet, l'évolution du Clod Buster est le Juggernaut sorti en 1999, 5 ans avant le Super Clod Buster. Mais le cuisant échec de ce qui devait être l'avenir de cette plateforme a contraint Tamiya a radicalement réviser ses plans (voir ci-après).

Stratégiquement, Tamiya a innové pour créer un nouveau marché sur lequel le Clod Buster a régné en maître absolu pendant son cycle de production, l'un des plus longs de Tamiya. Mieux encore, ce modèle représente pratiquement à lui seul l'intégralité de ce segment de marché jusqu'à l'apparition des nouvelles générations de Monsters Trucks vers 1999. Si les Emaxx et consorts ont repris le concept du Clod Buster, ils l'ont adapté à un usage différent : le réalisme de l'ancêtre laisse la place à des performances brutes. Au-delà du simple loisir, les Monster Trucks actuels sont avant tout conçus pour passer en force dans n'importe quelle condition, et pour résister aux impacts violents que leur infligent leurs pilotes.
Tamiya ne semble pas avoir souhaité mettre à profit la position dominante du Clod Buster pour concevoir une version survitaminée qui correspondrait davantage au marché actuel. Il n'est d'ailleurs pas du tout évident que la seule renommée du modèle aurait suffit à positionner Tamiya sur un segment de marché aussi éloigné du concept original et de son savoir-faire. D'autant plus que le marché actuel des Monster Trucks est saturé d'offres alors que le Super Clod Buster de 2004 qui est resté fidèle au concept originel est toujours seul dans son crénau... et dispose même d'une version Chrome Metallic depuis 2009.

Le Juggernaut est l'évolution du Clod Buster qui règne en maître absolu sur le segment des Monster Trucks depuis plus d'une décennie. Le concept est bon, les gènes hérités de l'ancêtre de 1987 sont excellents, et pourtant...


Le châssis du Juggernaut
Juggernaut chassis
Vu du dessus
Juggernaut chassis top view
La transmission du Juggernaut
Juggernaut gearings
Le châssis du Juggernaut 2
Juggernaut 2 chassis
Détail du train avant
Juggernaut 2 front drivetrain
La paire de moteurs
Juggernaut 2 twin motors
Le châssis du Mammoth Dump Truck
Mammoth Dump Truck chassis
Le différentiel
Mammoth Dump Truck diffential
Le Mechatronic Speed Controller
Mammoth Dump Truck Mechatronic Speed Controller

58232 Juggernaut (1999)
Juggernaut

58256 Juggernaut 2 (2000)
Juggernaut 2

58268 Mammoth Dump Truck (2000)
Mammoth Dump Truck

Le Juggernaut reprend le concept du Clod Buster mais avec deux moteurs en position centrale et non un par train comme sur son prédécesseur. Les roues sont également encore plus énormes puisque leur diamètre atteint cette fois les 175mm. Toutefois, ce modèle aura une durée de production extrêmement courte : en quelques semaines à peine, Tamiya s'aperçoit que la boite de transmission souffre d'un défaut de conception rédhibitoire qui provoque une usure accélérée de toute la pignonerie. Le problème est d'une telle ampleur que le Juggernaut sera carrément retiré de la vente en magasin et Tamiya fournira gratuitement un "kit de secours" avec des pièces modifiées pour les clients ayant déjà acheté le modèle.

Un an plus tard, Tamiya le ressort sous le nom Juggernaut 2 avec les pièces corrigées et quelques différences au niveau de la décoration. Mais le mal est fait et cette révision se vendra très mal.

Un dernier modèle très atypique vient compléter cette génération en 2000 : le Mammoth Dump Truck est bien entendu basé sur le Juggernaut 2 mais ne dispose que d'un seul moteur. Il ne s'agit pas non plus d'un Monster Truck mais d'un engin de chantier à l'échelle 1/20 qui est équipé d'un variateur de vitesse semi-électronique qui restera d'ailleurs unique dans la gamme Tamiya. Ce modèle n'a pas non plus connu des volumes de vente très importants simplement parce qu'il est limité à un usage très spécifique et qu'aucun autre modèle de la gamme n'est positionné sur la niche des engins de chantier.

Stratégiquement, aussi bien au plan commercial qu'industriel, le Juggernaut va s'avérer un fiasco total probablement très onéreux pour Tamiya. La relève du Clod Buster est un échec cuisant qui mine l'image de marque du fabricant qui a eu l'heureuse initiative de ne pas entâcher le nom de son modèle phare sur le segment.

Le TXT-1 (Tamiya Xtreme Truck) est une nouvelle génération du Clod Buster sortie rapidement après le désastre du Juggernaut.


Le châssis du TXT-1
TXT-1 chassis
L'effet cantilever de la suspension
TXT-1 cantilever suspension
58280 TXT-1 (2001)
TXT-1

Le TXT-1 est le modèle unique de cette troisième génération, malgré son succès commercial. Il reprend les pneus du Clod Buster sur un châssis entièrement nouveau, fiable et très modulable. Or justement, il est particulièrement propice à des modifications parfois très importantes faites par les fans pour lui trouver un nouvel usage qui n'était pas prévu par Tamiya : le Rock Crawling, littéralement l'escalade de rochers. Le fabricant semble alors prendre la décision de ne pas davantage exploiter cette nouvelle génération que les utilisateurs apprécient particulièrement pour un usage qui ne correspond pas au concept d'origine. Car si les modifications transforment le TXT-1 en crawler avec de réelles aptitudes, il comporte toutefois des limites qui le brident quelque peu dans cet usage.

D'autant que Tamiya sort quelques temps plus tard une série de deux modèles basés sur un châssis à l'échelle 1/18 qui sont présentés comme des crawlers mais qui se révèlent eux aussi assez limités par rapport à des engins spécifiquement conçus pour cet usage par les concurrents.


Le châssis du TLT-1
TLT-1 chassis
Vu du dessus
TLT-1 chassis top view

47201 Rock Buster (2003)
Rock Buster

47202 Max Climber (2004)
Max Climber

Ces deux modèles ont été édités dans la série 47xxx qui était à priori réservée aux Tamtech Gear avant que ceux-ci ne passent en série 56xxx. Même en interne chez Tamiya, il semblerait que les modèles TLT aient été positionnés de manière assez étrange. Il reste que cette plateforme a connu un succès commercial relativement important, en particulier grâce à son potentiel d'évolution et de personnalisation.


TLT - TXT comparison


    Vidéo du TXT-1 (© Tamiya)
    
     Vidéo du TLT-1 (© Tamiya)
     

Avec le TXT-1 et plus encore les TLT, Tamiya s'immisce presque involontairement sur la niche de marché des crawlers. Le Clod Buster montrait déjà quelques aptitudes dans ce domaine après des modifications parfois conséquentes apportées par leurs propriétaires, mais il est avant resté un Monster Truck de référence sur le marché. Conscient à la fois de la dérive crawler et de l'échec du Juggernaut, Tamiya va apporter un très léger lifting au Clod Buster en 2004 et le présenter sous le nom Super Clod Buster pour réaffirmer avec succès sa présence sur le marché des purs Monster Trucks.

Stratégiquement, la plateforme Clod Buster est un succès commercial très important pour Tamiya dès lors que les modèles portent le nom Clod Buster qui s'est imposé à la fois comme la référence du marché et comme son leader incontesté. Toutes les tentatives d'évolution se sont révélées problématiques, soit à cause de problèmes techniques lourds, soit à cause d'un positionnement ambigu des modèles sur le marché qui connaissait l'émergence d'une nouvelle niche avec les Crawlers. Industriellement, c'est en revenant au design originel du mythique Clod Buster (essentiellement modifié au niveau cosmétique) que Tamiya va pouvoir rentabiliser son outil de production.



La plateforme CR

Le nom de cette plateforme signifie CRawler (qui rampe, qui grimpe) et résulte directement de l'histoire mouvementée de la plateforme Clod Buster mais aussi de l'intérêt suscité par les TLT-1. Tamiya a en quelque sorte lancé et involontairement lancé la niche de marché des Crawlers grâce à la conception versatile des axes du Clod Buster. Or les purs Crawlers sont des engins qui n'ont absolument rien de réalistes : le concept de cette discipline est en effet de franchir des obstacles à première vue insurmontables à moins que le véhicule n'ait des gènes de lézard et des ventouses à la place des pneus.

A partir de 2008, Tamiya va tenter de résoudre la quadrature du cercle avec la plateforme CR : marier l'efficacité dans le franchissement extrême avec le savoir-faire éprouvé du fabricant en matière de réalisme. Les deux concepts sont antinomiques et la solution ne pourra être qu'un compromis.


Le châssis CR-01
CR-01 chassis
Le débattement de la suspension
CR-01 suspension travel

58405 Toyota Land Cruiser 40 (2008)
Toyota Land Cruiser 40

58414 Mercedes-Benz Unimog 406 (2008)
Mercedes-Benz Unimog 406

58429 Jeep Wrangler (2008)
Jeep Wrangler

58436 `73 Ford Bronco (2009)
`73 Ford Bronco

La recette semble si simple lorsque Tamiya décide d'investir une niche de marché sans renier les qualités qui garantissent son succès depuis plus de 30 ans : un châssis, même s'il n'est pas le plus performant du marché des Crawlers, accompagné d'une splendide carrosserie toujours très détaillée. Tamiya a même poussé le soucis du détail jusqu'à ajouter des ressorts de suspension alors qu'ils sont purement décoratifs.


Vidéo de présentation du Toyota Land Cruiser 40 (© Tamiya
Un franchisseur extrême : débattement de suspension avec croisement de ponts
Pur crawler

Il s'agit d'un compromis : certes, le CR-01 ne rivalise pas avec les franchisseurs les plus performants du marché, mais il le fait avec une élégance et un réalisme encore jamais vus dans la discipline. Même au prix de lourdes modifications, il ne pourra pas être sérieusement aligné dans les épreuves les plus relevées : en revanche, il correspond exactement à l'utilisation loisir pour laquelle Tamiya l'a conçu et qui représente le plus gros du marché. Car cette discipline reste avant tout une niche dans le marché du modélisme radio-commandé, même si les modèles basés sur le CR-01 sont des succès commerciaux qui favorisent le développement de cette niche.

Stratégiquement, Tamiya démontre qu'il est à l'écoute à la fois du marché, mais aussi de ses propres clients. En effet, ce sont les adaptations personnelles sur la plateforme du Clod Buster et l'engouement autour des modèles TLT qui ont contribué à créer ce segment de marché. Tamiya semble avoir patiemment suivi l'évolution du marché des franchisseurs avant de se lancer, en respectant toutefois sa stratégie commerciale : réalisme et loisir. Certes, le réalisme dans le monde des franchisseurs est une donnée particulièrement subjective, mais Tamiya tenait visiblement à miser sur cet atout qui participe à son succès depuis plus de 30 ans.



Le bijou de la technologie radio-commandée

Last but not least comme disent les grands bretons, un châssis qui nécessite un bond de plus de 20 ans dans le passé. Ce n'est évidemment ni le nom donné par Tamiya à ce châssis, ni celui que les fans lui ont attribué. En revanche, tout le monde est d'accord pour le considérer comme l'un des châssis les plus intéressants de toute l'histoire de Tamiya, et même plus largement, dans le modélisme radio-commandé.

Il ne s'agit pas d'un modèle officiellement prévu pour marquer les 10 ans de la marque dans le monde du RC : ce rôle est celui du Bigwig. Toutefois, le projet a été mûri de longue date par Tamiya puisque le numéro attribué au kit est loin d'être anodin. Et le moins que l'on puisse dire est que les ingénieurs se sont fait plaisir en concevant ce bijou de technologie qui est un concentré de tout le savoir-faire de la marque, aussi bien au niveau mécanique qu'au niveau esthétique.

Le rôle de ce châssis dans les stratégies industrielles et commerciales de Tamiya est proche du zéro absolu. En clair, il n'a aucune importance ni aucune influence directe sur la production d'autres modèles. Pire, il ne s'agit pas de l'un des best-sellers de la marque, loin s'en faut : impossible de savoir si Tamiya a gagné de l'argent avec ce châssis, mais il est permis d'en douter rien qu'en imaginant les coûts liés à son développement et sa fabrication.

Le comble est que ce châssis n'est, à franchement parler, bon à rien : il est trop fragile et trop complexe, que ce soit sur piste ou en tout terrain, aussi bien pour un usage compétition que pour un usage loisir. Son utilisation de prédiclection est l'exposition en vitrine, si toutefois on a la chance d'en posséder un : curieuse manière de présenter l'un des modèles qui a le plus marqué l'histoire d'une marque et du modélisme radio-commandé en général, n'est-il pas ?

Et pourtant, ce châssis, et tout particulièrement le premier des deux modèles à l'utiliser, possède une valeur considérable aux yeux (et dans le compte en banque) des collectionneurs (ou le devrait pour les sectaires qui ne s'intéressent qu'aux 50 premiers modèles de Tamiya).

Ce modèle complètement atypique est le kit 58059 Porsche 959 Paris-Dakar Winner sorti en 1986, et dans une moindre mesure son compère le modèle 58064 Toyota Celica Gr.B Rally Special sorti l'année suivante.


58059 Porsche 959 (1986)
Porsche 959 catalogue
Le boxart
Porsche 959 art
Le châssis
Porsche 959 chassis
Les trains
Porsche 959 drivetrains

58064 Toyota Celica Gr.B (1987)
Toyota Celica Gr.B catalogue

Le boxart
Toyota Celica Gr.B Rally Special art

Le châssis
Toyota Celica Gr.B chassis

La transmission
Toyota Celica Gr.B gears

Porsche 959 Paris Dakar Rally Winner
Porsche 959 Paris Dakar Rally Winner
Toyota Celica Gr.B Rally Special
Toyota Celica Gr.B Rally Special

Ce châssis exceptionnel est propulsé par le moteur RX540VZ Technigold (21 tours) qui délivre de très bonnes performances, aussi bien en mode rallye que sur bitume. Car ce châssis est en réalité davantage un châssis piste qu'un tout-terrain pour être franc. La Celica Gr.B utilise ce même moteur mais apporte une barre de stabilisation à l'avant ainsi qu'un différentiel central à billes. Comme en attestent les schémas, le châssis est particulièrement novateur et très en avance pour son époque : les efforts des ingénieurs se sont notamment concentrés sur l'espace réduit dont ils ont bénéficié pour caser un différentiel par train plus un central, un cardan central de transmission et toute l'électronique, dont un jeu de phares fonctionnels à l'avant. Les amortisseurs sont également inédits et originaux : heureusement car leur assemblage était particulièrement complexe et ils s'avéraient compliqués à maintenir à cause de l'apparition de bulles d'air dans le circuit. Enfin, on peut s'attarder sur les pneus qui équipent ces deux modèles : il s'agit des précurseurs des Rally Blocks qui équipent encore les véhicules actuels.

Les performances de ce châssis et du moteur ne sont pas non plus étrangères à l'état des carrosseries que l'on trouve plus de 20 après leur sortie. Mais un autre facteur explique la très grande fragilité des carrosseries : pour ces modèles, Tamiya a utilisé une technique inédite de moulage qui autorise une précision encore plus importante dans les détails et la forme des courbes. Le résultat est absolument magnifique, mais d'une fragilité sans égale.


    La vidéo de promotion de la Porsche 959 (© Tamiya)
    
     La vidéo de promotion de la Celica Gr.B (© Tamiya)
     

Il était impossible de ne pas aborder ce châssis exceptionnel dans la gamme Tamiya. Bien que stratégiquement ou commercialement sans réelle importance à la vue des plus de 30 ans d'activité de la marque dans le domaine, il représente le summum du savoir-faire de l'époque chez ce fabricant, aussi bien au niveau mécanique qu'en ce qui concerne la technique de moulage des carrosseries. Certes, ces modèles n'atteignent pas des sommets en matière de comportement routier ou de fiabilité, mais leur rareté et le savoir-faire qu'ils contiennent font que leurs tarifs dépassent toute mesure pour les exemplaires qui sont toujours en bon état voire neufs.



Conclusion

Cette seconde partie de l'article est significativement plus longue que la précédente sur les modèles piste car la gamme des véhicules tout terrain Tamiya est très riche et comporte une profusion de modèles... ??? ... pardon, on me chuchotte dans l'oreillette que je suis en train de raconter une grosse bêtise... 

En effet, les 30 années de présence de Tamiya sur le marché des modèles tout terrain sont riches, mais pas en ce qui concerne la profusion des modèles : il n'est ici question que 135 modèles contre plus de 300 pour les modèles piste ! (sur 435 modèles environ à l'été 2009). Il est toutefois à noter que la répartition des modèles entre la piste et le tout terrain a beaucoup évolué :
   Flèche 59% sur les 100 premiers modèles (1976-1991)
   Flèche 23% sur les 100 suivants (1992-1997)
   Flèche 10% sur les 98 suivants (1997-2002) puisque 2 modèles ont été annulés
   Flèche 29% sur les 99 suivants (2002-2007) 1 modèle ayant été annulé
   Flèche 33% actuellement pour la série 400 (à l'été 2009)

Les chiffres sont éloquents : l'impact du revirement du marché vers les modèles piste à partir de 1990 est très visible sur la gamme de Tamiya. La présence continue de ce fabricant sur le marché ainsi que sa position dominante permettent de visualiser précisémment l'état du marché du modélisme radio-commandé depuis 1976. Bien entendu, cette vue d'ensemble est à pondérer car Tamiya est plus qu'un acteur du marché : il en est le leader. A ce titre, ses innovations, sa politique de diversification sur les différents segments et sa stratégie générale influent beaucoup sur le marché lui-même.

De manière générale, on retrouve bien évidemment l'essence de la stratégie générale de Tamiya appliquée cette fois au monde du tout terrain. Des premières maquettes roulantes alimentées par piles sèches ou accus aux modèles actuels, le segment visé est avant tout celui du loisir et Tamiya mise ici aussi sur la qualité exceptionnelle de ses carrosseries. Mais le spectaculaire mouvement du marché vers les les modèles piste à partir de 1990 a eu pour principal effet que Tamiya s'est avant tout concentré sur son coeur de cible : le marché du loisir. Ceci n'a pas empêché le fabricant d'explorer de nouvelles niches pour accroître encore sa diversification, mais une part non négligeable de l'offre de Tamiya dans le monde du tout terrain est aujourd'hui essentiellement articulée autour de deux pôles : le programme des rééditions d'une part, et la mise à jour d'anciennes plateformes d'autre part. Depuis le début des années 1990, il est évident que les programmes de développement sont avant tout concentrés sur les modèles piste, Tamiya misant stratégiquement et fort à propos sur la richesse de son histoire pour maintenir son offre sur le segment tout-terrain.



Remerciements

L'écriture de cet article en deux parties ainsi que toutes les recherches d'information et de photos représentent un travail qui m'a occupé depuis plusieurs mois, soit nettement plus longtemps que je n'imaginais. Toutefois, cet article n'aurait pas été possible sans aide.

C'est pourquoi je tiens à remercier tous les fans de Tamiya dans le monde qui publient les photos de leurs modèles, notamment sur Tamiyaclub. Avec une mention toute particulière à TamOR pour ses magnifiques vidéos.

Merci aux membres du forum Vintage-RC qui, pour certains, ont spécialement organisé des sessions photos dans leur jardin : Boo54, Carribou87, Chris_86, Civicman, Cooperal, Densolaga, Duc@t, Gorghor, Hagar, Hagar du Sud, Hairy Ogre, J-F, Julien, Kaminagayuchi, Kyosuke, Max Rebo, neric, RA272, Tamiya81, Teamneogordini et Will E. Coyotte.

Merci à la personne de Tamiya au Japon qui a pris le temps de répondre à mes questions.

Enfin, pour ceux qui auraient encore un doute, Tuba m'a spécialement écrit du Brésil pour m'expliquer que mon cas relève du domaine médical : je suis un "Tamiyaholique". Lui-même étant atteint de ce syndrome, j'ai bien peur qu'il ait raison 





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Valid XHTML 1.0 Transitional CSS Valide ! Première publication : 14 novembre 2009
Dernière modification : 25 février 2010