Tamiya Incorporated est un fabricant Japonais de maquettes, de véhicules radio-commandés, de maquettes à but éducatif propulsées par batteries et énergie solaire, de peinture pour le modélisme, et de divers outils et autres fournitures pour le modélisme. L'entreprise a été fondée au Japon en 1946 par Yoshio Tamiya mais n'est entrée dans le monde du modélisme qu'en 1948 avec la production d'une maquette en bois d'un bateau.
Parler de Tamiya sans évoquer le modélisme statique, c'est oublier l'essentiel de l'histoire du fabricant : cette activité est son coeur de métier et ce qui fait sa renommée mondiale. Mais si les premiers modèles radio-commandés de Tamiya portaient la mention "suitable for remote control" (convient pour une utilisation radio-commandée) et étaient qualifiés de "models in motion" (maquettes en mouvement), ce n'est pas sans raison. Chez Tamiya, le modélisme radio-commandé est né grâce au modélisme statique et cet héritage se ressent toujours dans la production actuelle.
Le 4 décembre 1976, Tamiya signe son entrée dans le monde du modélisme radio-commandé en commercialisant le kit RA1201 Porsche Turbo RSR Type 934 au prix de 9.800 Yens (environ 90 de nos euros actuels, une petite fortune pour l'époque). D'autant que l'ajout de l'équipement radio portait la facture à plus de 17.000 Yens.
Quelques mois auparavant, Tamiya avait très lourdement investi pour produire le kit statique de cette Porsche dans la série "Big Scale" à l'échelle 1/12, allant même jusqu'à acheter puis démonter une vraie Porsche 911 pour la reproduire le plus fidèlement possible (la 911 est la base de la version 934 de course). La maquette était d'un réalisme et d'une qualité sans égal pour l'époque, mais les ventes étaient largement insuffisantes pour amortir le coût du moule qui se chiffrait en dizaines de millions de Yens. Il était urgent de trouver une solution.
La vraie Porsche 911 (© Tamiya Perfect RC Guidebook 1976-2006)![]() |
12020 Porsche Turbo RSR Type 934 (Big Scale series)![]() |
La ré-édition 12040 Porsche Turbo RSR Type 934 (Big Scale series)

Un jour, Shunsaku Tamiya, le président de Tamiya, vit l'un de ses designers qui jouait avec une voiture radio-commandée sur le parking de la société. Ce designer, Fumito Taki, était passionné par tout ce qui était radio-commandé et utilisait souvent le parking pendant ses pauses pour faire voler ses avions à moteur thermique. Fumito Taki avait déjà été responsable de la transformation d'une maquette statique Tamiya en modèle radio-commandé électrique : le modèle en question était un char, le M4 Sherman à l'échelle 1/16 sorti en 1974. Ce jour-là, il pilotait une voiture : l'absence de bruit piqua la curiosité de M. Tamiya qui demanda à voir cette réalisation personnelle. Suprise : la carrosserie était celle d'une maquette de Formule 1 de la série Big Scale à l'échelle 1/12 et le châssis était propulsé par un moteur électrique alimenté par piles sèches. Le déclic se fit immédiatement.
Fumito Taki fut donc naturellement "commis d'office" pour faire de la Porsche 934 statique un modèle radio-commandé électrique afin d'amortir le coût du moule. A l'époque, une voiture thermique radio-commandée connaissait un gros succès si elle était vendue à 6.000 exemplaires par an : le kit RA1201 dépassa les 100.000 exemplaires dès la première année.
Tamiya RA-1201 Porsche Turbo RSR Type 934 (1976)
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La recette du succès était simple : il s'agissait de la première maquette de voiture radio-commandée électrique alors que tous les autres produits de l'époque étaient soit des maquettes statiques détaillées, soit des voitures radio-commandées à moteur thermique pour lesquelles la carrosserie était avant tout une protection sans grande recherche esthétique.
Grâce à la passion et l'ingéniosité de Fumito Taki, Tamiya faisait ses premiers pas dans le monde des voitures radio-commandées électriques en lançant un concept novateur pour l'époque : la maquette roulante. Cet héritage modélistique est toujours très présent dans la production actuelle de la marque et participe grandement à son succès.
M. Fumito Taki est un homme extrêmement important dans l'histoire de Tamiya car il a très activement participé au design de nombreux modèles statiques, mais également d'une grande partie des modèles radio-commandés de la marque. L'interview qu'il a accordée au magazine Radio Control Car Racer publiée en septembre 2008 illustre l'importance de son rôle chez Tamiya :
| Cliquez pour agrandir | © Radio Control Car Racer |
L'histoire du modélisme radio-commandé n'aurait probablement pas été la même depuis plus de 30 ans sans les "trois mousquetaires" de Tamiya. Ce site n'existerait pas non plus, d'ailleurs
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M. Yoshio Tamiya (fondateur)![]() |
M. Shunsaku Tamiya (Président)![]() |
M. Fumito Taki (Designer)![]() |
| Salon de Nuremberg 2010 avec le Sand Scorcher de Walter | ||
C'est la fin de cette présentation "historique" de Tamiya que j'ai tirée du livre de Shunsaku Tamiya Master modeler Creating the Tamiya style. Je tiens à remercier la personne de Tamiya Japon qui m'a aidé dans mes recherches, mon ami Otax pour plusieurs recherches et traductions en japonais, ainsi que Paul de Tamiya Treasure dans mes recherches de photos.
Les deux livres ci-dessous présentent la société et contiennent d'intéressantes informations sur la conception et la fabrication de nos modèles préférés. Je remercie chaleureusement TamOR de me les avoir scannés.
| Cliquez pour ouvrir le livre | Cliquez pour ouvrir le livre |
Le Vintage, c'est un intérêt pour ce qui est ancien et qui a marqué son époque. Par extension, c'est également ce qui a pu marquer une personne à une époque donnée, même si le reste de la planète ne l'a pas forcément été. Pour faire simple, c'est une forme de culte de la nostalgie, le moyen d'avoir quelque chose que l'on a eu à une époque ou que justement on n'a pas eu et que l'on désire a posteriori. En modélisme radio-commandé, cela concerne les modèles antérieurs à 1990.
Tamiya est un acteur majeur dans le modélisme radio-commandé et certains de ses modèles sont considérés comme des objets cultes. C'est partculièrement le cas pour les 50 premiers modèles (l'ère "métal"), mais également pour les 50 suivants bien que certains puristes soient d'un avis différent (car le 51ème modèle marque le passage au "tout plastique" dans la production de Tamiya).
Quel que soit le nombre de modèles retenus, le phénomène vintage peut s'expliquer par les raisons suivantes :
Beaucoup d'informations sont disponibles sur internet, aussi bien sur des sites de fans que sur des forums. Les sites suivants sont particulièrement intéressants :
Les kits Tamiya portent des références qui ont connu quelques évolutions au cours des 30 années d'activité de la marque dans le domaine.
La première numérotation utilisée a concerné les 30 premiers modèles et se composait de lettres et de chiffres : RA-1201 (Porsche 934 Turbo RSR), RA-1015 (Rough Rider) jusqu'au RA-1030 (Honda Formula 02 (CS)). "RA" fait référence à la gamme (les modèles radio-commandés), la première paire de chiffres (10, 12) indique l'échelle du kit (1/10ème ou 1/12ème), et la dernière paire de chiffres est le numéro du kit.
La deuxième numérotation a simplifié les choses en supprimant la référence à l'échelle du kit et en changeant l'identification de la gamme par les chiffres 58. Les références sont donc devenues 5831 (Brabham BT-50 BMW Turbo), jusqu'à 5865 (Clod Buster) lorsque Tamiya a réalisé que la série prendrait fin avec le 99ème modèle.
Le chiffre "0" a alors simplement été ajouté après le "58" qui désigne la gamme des modèles radio-commandés pour franchir cette limite. C'est le Super Sabre (kit 58066) qui a inauguré cette nouvelle numérotation qui est toujours en cours. De quoi voir loin et laisser la place à un millier de modèles.
Par extension et pour simplifier, les références des anciens modèles ont été modifiées pour correspondre à la nouvelle numérotation.
Les kits peuvent recevoir une numérotation en 49xxx s'ils sont produits en série limitée. C'est le cas de certaines ré-éditions (49154 Tyrell P34 Six Wheeler), des Chrome Metallic (49337 Wild Willy 2), des Gold (49459 Lunch Box) ou de châssis de compétition qui ont rapporté des titres mondiaux à Tamiya (49394 TRF415MSX Marc Rheinard). Cette numérotation sert également pour l'édition limitée de pièces détachées (couleur ou matière spécifique).
Enfin, les modèles assemblés et peints en usine reçoivent une numérotation en 57xxx. En général, ils sont identiques à leur équivalent à assembler, mais il peut exister certaines différences au niveau de pièces comme les amortisseurs (à friction au lieu d'hydrauliques) ou du variateur (mécanique au lieu d'électronique). En revanche, la carrosserie est déjà peinte et décorée et le modèle est livré avec l'équipement radio, l'accu et le chargeur. Dans ma collection, c'est le cas pour le Madbull, la Xsara WRC et le Sand Viper qui sont des modèles XB Expert Build.
Tamiya a mis en place un réseau de distributeurs exclusifs disposant chacun d'exclusivités territoriales et d'un réseau de magasins partenaires (essentiellement des détaillants spécialisés ou des chaînes spécialisées dans le jouet). Dans les grandes lignes, le métier d'un distributeur consiste à importer les produits (logistique, procédures douanières), les rendre conformes à la législation locale (étiquettes avec traduction des instructions et avertissements de sécurité...), à distribuer les produits auprès d'un réseau de revendeurs et à assurer la promotion (publicité) des produits.
Ainsi, en France et en Belgique, l'exclusivité territoriale a été confiée à T2M tandis que Dickie s'occupe de la distribution en Allemagne notamment. Les autres pays européens sont couverts selon le même principe. L'exclusivité territoriale est un moyen d'éviter une concurrence farouche entre les distributeurs, ce qui possède le double avantage de ne pas provoquer une guerre des prix et d'instaurer des relations commerciales sur le long terme.
Toutefois, il pourrait être très tentant pour un distributeur de vendre à des magasins situés en dehors de sa zone d'exclusivité, de même que les magasins pourraient être tentés de profiter des différences de politiques commerciales (surtout tarifaires) entre les distributeurs pour acheter au moins cher. Dans l'objectif d'assurer une plus grande sérénité entre les distributeurs (et les magasins), Tamiya a mis en place un système qui offre des garanties à tous les acteurs : le dépôt de marque.
En effet, Tamiya Japon est le détenteur de sa marque et de son logo au niveau mondial. Comme toutes les marques ou presque, Tamiya a déposé sa marque et son logo afin de notamment se prémunir des contrefaçons : jusque là, c'est du classique. L'originalité est que Tamiya a autorisé ses distributeurs à déposer sa marque et son logo en leur nom dans le ou les pays sur lesquels ces distributeurs disposent d'une exclusivité territoriale. De fait, la marque et le logo Tamiya sont déposés par T2M en France et par Dickie dans le reste des pays européens. La preuve est librement consultable sur le site de l'INPI (le bureau français de l'enregistrement des marques et des brevets) : j'ai fait une capture de ces informations issues d'une simple recherche sur la marque. Vous pouvez cliquer sur chaque image pour l'agrandir.
Enregistrement monde![]() |
Enregistrement Europe![]() |
Enregistrement Europe (ext)![]() |
Enregistrement France![]() |
Pour les plus attentifs, vous aurez remarqué que les enregistrements de la marque et du logo par les distributeurs n'ont a priori aucun intérêt puisque cela avait déjà été fait au préalable par Tamiya pour le monde entier. Ceci démontre donc que les enregistrements européens peuvent être supprimés à tout moment puisque Tamiya avait déjà réalisé le dépôt initial au niveau mondial auparavant. En pratique, cela signifie que Tamiya peut à tout moment récupérer la propriété de sa marque et de son logo en Europe. En revanche, ces dépôts européens offrent de très sérieuses garanties aux distributeurs européens en plus de démontrer la très grande confiance qui lie Tamiya à ses partenaires.
Chaque distributeur possédant les droits sur la marque et le logo dans le pays où il bénéficie de l'exclusivité territoriale de la distribution, les lois sur la propriété des marques font que tout produit présent dans un pays européen doit avoir été importé par le distributeur de ce pays sous peine d'être considéré comme une contrefaçon par la justice. Ici, la notion de contrefaçon est directement liée aux droits sur la marque et le logo : contrefaçon ne signifie donc pas "copie" dans le cas présent mais s'applique au fait que le produit exploite la propriété intellectuelle (la marque/le logo) sans permission du propriétaire des droits (le distributeur). Sur le plan juridique en Europe, un produit authentique Tamiya qui sort d'une usine Tamiya n'est donc un produit de marque Tamiya qu'à partir du moment où le détenteur de la marque Tamiya d'un pays donné a fait entrer ce produit dans le pays où le produit se trouve.
Il faut relire attentivement pour bien comprendre. Nous allons prendre un exemple pratique pour illustrer et mesurer les conséquences de la situation :
un fan allemand habite en Allemagne et achète ses produits Tamiya dans un magasin allemand qui a acheté les produits chez Dickie => sa collection est authentique
ce fan allemand vient habiter en France et déménage donc sa collection => toute sa collection Tamiya qui porte la marque Tamiya appartenant à Dickie devient une contrefaçon car elle porte le logo et la marque Tamiya qui appartient à T2M en France.
C'est bon, vous suivez encore ? J'aurais peut être dû vous prévenir de prendre un cachet d'aspirine avant d'attaquer la lecture
. Et attendez, ce n'est pas fini : voyons maintenant d'autres exemples (plus faciles).
un fan européen achète un produit Tamiya à Hong Kong => contrefaçon
un fan français achète un produit Tamiya en Allemagne => contrefaçon
un magasin français achète un produit Tamiya ailleurs que chez T2M => contrefaçon
un magasin allemand achète un produit Tamiya ailleurs que chez Dickie => contrefaçon
Et maintenant, essayons d'autres combinaisons (sauf exceptions locales dont je n'aurais pas connaissance) :
un fan ou magasin américain achète un produit Tamiya à Hong Kong => OK
un fan ou magasin quelque part dans le monde (hors Europe) achète un produit Tamiya n'importe où (hors Europe) => OK
Allez, juste pour le fun, je vous mets deux autres exemples en supposant à chaque fois que tous les concurrents ont acheté leur modèle dans un magasin de leur pays et que tous roulent avec un modèle Tamiya :
Championnat du monde partout dans le monde sauf en Europe => aucun problème
Championnat du monde dans un pays européen => tous les participants roulent avec des contrefaçons sauf ceux du pays organisateur

Comment ça c'est complètement absurde ? Relisez très attentivement : ce n'est que de la pure logique ! Les situations présentées en exemple ci-dessus existent en vrai : la logique induite par les lois sur la propriété intellectuelle conduit à des situations inattendues mais pourtant bien réelles au plan juridique.
Au niveau des achats, il n'y a aucune conséquence pour ceux qui savent utiliser internet pour commander des modèles ou des pièces détachées Tamiya. Pour tous les autres, ou pour ceux qui apprécient d'acheter dans un magasin près de chez eux, cela signifie que le modélisme radio-commandé Tamiya coûte plus cher et que les produits sont disponibles si le distributeur exclusif accepte de les importer (essayez de trouver un TEU-302BK en France pour voir). Quant à la disponibilité des nouveautés, c'est quand les produits arrivent alors qu'ils sont peut être déjà disponibles depuis plusieurs mois ailleurs dans le monde. En exagérant beaucoup, les fans européens ont l'immense privilège de pouvoir acheter une nouveauté qui est déjà presque considérée comme vintage ailleurs dans le monde
.
Au niveau des conséquences liées à la notion juridique de contrefaçon pour les fans qui possèdent des modèles Tamiya, quel que soit l'endroit où ils les ont achetés, il n'y a aucune inquiétude à avoir non plus : Tamiya et ses partenaires distributeurs en Europe ont heureusement l'intelligence de ne pas revendiquer de manière absurde leurs droits sur la marque. D'autant plus qu'ils n'ont pas des armées d'avocats qui scannent internet toute la journée. En revanche, si vous en faites un business, il est temps de changer de métier...
Au niveau des rencontres et compétitions nationales ou internationales, les situations absurdes voire ridicules que j'ai citées en exemple sont toutes possibles. Dans la pratique, Tamiya et ses partenaires distributeurs ne font pas valoir leurs droits sur la marque de cette manière qui serait ridicule, d'autant plus que Tamiya Japon a la possibilité d'intervenir en dernier recours pour faire valoir ses droits sur la marque au niveau mondial, ce qui coupe court au potentiel problème des enregistrements faits en local par les distributeurs.
Les droits de propriété sur la marque s'appliquent de la même manière dans le monde virtuel. Mais de même qu'avec les fans, Tamiya et ses distributeurs ne scannent pas le net toute la journée à la recherche des sites, forums, pages personnelles et autres vidéos déposées sur des sites comme Youtube. Les publications sur internet sont une forme de promotion, des "vitrines" utiles à la marque et donc aux distributeurs. Dans un cas extrême, si un site ou forum devait nuire à la marque, alors Tamiya ou l'un de ses distributeurs aurait la possibilité d'agir (ou au minimum de forcer la purge des propos offensants). Ce cas de figure est bien évidemment hautement improbable (car d'autres lois notamment contre la diffamation peuvent s'appliquer), mais il demeure possible.
L'objectif de cet article est de vous informer et nullement de vous effrayer : inutile de cacher votre collection parce que vous avez acheté une paire d'amortisseurs ou toute votre collection à l'étranger. La protection légale offerte par le dépôt de marque sert avant toute chose à garantir une régulation harmonieuse de la distribution entre Tamiya, ses distributeurs partenaires et les magasins. Cette protection est également une assurance dans le cas où un professionnel de la chaîne tenterait de tricher : un particulier n'est pas concerné par tout cela dans la pratique. Tamiya et ses distributeurs ont toujours eu une politique bienveillante envers les fans et il n'y a aucune raison que cela change. Mais le système en laisse toutefois la possibilité, ce qui peut même conduire en théorie à des situations dont le ridicule fait sourire
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Première publication : 08 septembre 2008 Dernière modification : 27 octobre 2010 |