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Martini Mk.22 Renault Tamiya

C'est un modèle rare, voire très rare, qui rejoint ma collection. Malgré son grand âge et l'intérêt qu'il pourrait représenter pour les collectionneurs, il ne semble pas très apprécié. Les châssis Formule 1 de l'époque sont probablement plus "prestigieux" aux yeux des collectionneurs mais en ce qui me concerne, je me suis intéressé à ce modèle depuis quelques mois. L'occasion s'est finalement présentée alors j'en ai profité .



La famille F-2

Seuls 4 modèles ont utilisé le châssis F-2 entre 1979 et 1982, le dernier étant une version "Competition Special" apparue deux ans après les autres. A l'époque, cette série se voulait l'entrée de gamme des modèles Formule 1 chez Tamiya tout comme la Formule 2 était l'anti-chambre de la Formule 1.


58013 March 782 BMW (1979)
58013 March 782 BMW
58014 Martini Mk.22 Renault (1979)
58014 Martini Mk.22 Renault
58018 Ralt RT2 Hart 420R (1980)
58018 Ralt RT2 Hart 420R
58030 Honda F-2 CS (1982)
58030 Honda F-2 CS

Tamiya a donc respecté la hiérarchie F-1 / F-2 en proposant une série économique de ses modèles. Le succès commercial a peut être été au rendez-vous à l'époque, mais 30 ans plus tard, les collectionneurs montrent assez peu d'intérêt pour cette série. Mais peu importe puisque mon préféré dans la série est justement celui qui rejoint ma collection. Et pour une fois qu'il s'agit d'une voiture française...



Le modèle à son arrivée

Il a traversé les âges pour rejoindre ma collection dans un état presque parfait. Le châssis n'a vraissemblabement jamais roulé car il ne porte aucune marque, les pneus sont en parfait état, la carrosserie semble neuve : à quelques détails près, ce modèle est complètement neuf.


Le châssis
Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault as it arrived
La carrosserie
Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault as it arrived
Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault as it arrived Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault as it arrived Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault as it arrived

Le modèle n'est toutefois pas complet ni parfait :
Flèche la fusée avant gauche est cassée et devra être remplacée
Flèche le châssis n'est pas complètement monté mais toutes les pièces nécessaires semblent présentes
Flèche il manque plusieurs autocollants sur la carrosserie
Flèche l'ensemble a besoin d'un nettoyage, notamment toute la partie arrière du châssis

Globalement, le modèle est dans un excellent état et je ne devrais pas avoir trop de travail pour le faire rouler à nouveau.



Le châssis

Comme d'habitude, le châssis a subi un démontage en règle, un petit nettoyage et un inventaire en règle. Hormis quelques éléments de visserie qui manquent, l'essentiel est présent. Petite surprise en démontant les roues avant : le plastique est extrêmement fragile. Tellement fragile que le desserrage de l'écrou de roue provoque l'éclatement de la fusée. En effet, l'axe de roue est une pièce métallique crantée autour de laquelle est moulée la fusée : pour débloquer l'écrou de roue, une contrainte s'exerce sur l'axe et le plastique ne résiste pas à l'effort de rotation.


Une fusée neuve
Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault upright
La fusée éclatée
Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault broken upright

Résultat : une fusée éclatée bonne à changer. Par chance, il s'agit de celle qui était déjà cassée au niveau de la rotule de direction. Mais l'autre promettant de souffrir du même mal, j'ai décidé de changer ces deux pièces.

Si l'âge du plastique est la cause de l'éclatement de la fixation de l'axe de roue à l'intérieur de la fusée, la casse au niveau de la rotule de direction s'explique autrement. En effet, la rotule se visse dans la fusée mais un écrou est prévu pour la maintenir par le dessous ; or pour résister aux vibrations, la notice préconise d'utiliser du frein-filet sur l'écrou. Erreur fatale : même si le frein-filet s'applique entre deux pièces métalliques, l'écrou est en contact avec le plastique de la fusée. Or le frein-filet rend le plastique cassant comme du verre. Cette même erreur est répétée au niveau du montage de l'axe de rotation de la fusée : c'est la raison pour laquelle j'ai utilisé une vis différente et un écrou nylstop.


L'axe de rotation selon la notice (roue droite)
Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault upright
La version sans frein-filet (roue gauche)
Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault upright

J'aurais pu tenter un recollage de toute la fusée, mais si cette solution peut convenir pour un modèle destiné à l'exposition, elle n'est pas recommandée pour un modèle qui va retrouver la piste. J'ai profité que des fusées neuves (peu chères, heureusement) sont apparues sur ebay pour remplacer celles de mon modèle. La première photo ci-dessus montre en effet une fêlure à la jonction inférieure du bras recevant la tringle de direction. En ce qui concerne la fixation de la rotule de direction sur la fusée, je n'ai pas trouvé de solution car le pas de vis de la rotule n'est pas suffisamment long pour visser un écrou nylstop.

Autre partie importante du châssis sur laquelle j'avais décidé de travailler : le moteur et l'accu. Pour ce dernier, le format stick actuel ne passe pas en longueur dans le logement qui est prévu pour un pack Ni-Cad de 5 éléments (en 6 volts). Or la surprise du chef est que les accus de 6 éléments en format hump pack ne passent pas non plus, cette fois pour une question de hauteur sous la carrosserie ! Il ne reste donc que deux solutions :
Flèche utiliser un accu Tamtech (solution que j'ai finalement utilisée sur ma Toyota Celica Gr.5)
Flèche utiliser encore une autre solution que je vais présenter à la suite.

Car je souhaitais également remplacer le moteur Mabushi RS-380 par un 540 car mon expérience avec ma Tyrrell P34 m'avait démontré que le 380 manque trop cruellement de puissance. L'option de l'époque permettant de monter un moteur 540 est introuvable ou carrément hors de prix : il me fallait donc trouver le moyen d'obtenir les performances d'un 540 dans un moteur de format 380, tout en considérant que le moteur tourne en sens inverse de la normale.

Renseignement pris auprès des membres du forum Vintage-RC, je me retrouve rapidement en affaire avec dibjm qui me propose l'équipement suivant entièrement câblé et prêt à l'utilisation :


Moteur Kyosho X-Speed Half8 HT
Kyosho X-Speed Half8 HT Motor
Récepteur-ESC Kyosho Perfex RA-16
Kyosho Perfex RA-16 ESC-Receiver
Accu 1600mah Nimh 9.6V
1600mah Nimh 9.6V batteries

Cette solution possède plusieurs atouts non négligeables pour motoriser ce châssis :
Flèche le moteur au format RS-380 est très puissant (pour sa taille) : c'est celui qui équipe le Mini-Inferno de Kyosho (un buggy à l'échelle 1/18). Il est prévu pour fonctionner en 9.6V.
Flèche le variateur électronique intègre un récepteur en 27MHz AM : il est prévu pour supporter le moteur et représente un gros gain de place sur le châssis.
Flèche le pack d'accu possède une capacité relativement faible mais son ecombrement est réduit. Il a également l'avantage de parfaitement se loger dans le compartiment d'accu du châssis et ses 9.6V vont booster le moteur.

Après un essai de vérification, il s'avère que les performances de cet ensemble me paraissent nettement supérieures à celles qu'aurait pu offrir un Mabushi RS-540. Difficile d'être précis puisque je n'ai pas pu monter un 540 pour comparer, mais le niveau de performances me semble proche de celui de ma Footwork FA-13, ce qui me semble beaucoup pour le châssis de ce modèle. Il va falloir être prudent sur la manette des gaz.

L'installation du reste de l'électronique se résume à installer le servo de direction puisque tous les autres éléments ont été vus précédément. Pas de soucis particulier hormis le fait que les servos actuels ont une forme un peu différente de ceux de l'époque : il est donc nécessaire de modifier légèrement le positionnement sur la grille de fixation. Un point à noter concernant le servo de direction : il doit être collé au double face sur une grille qui est vissée sur la partie avant du châssis. Or la fixation de cette grille permet de la faire coulisser lateralement sur le châssis et de déplacer ainsi l'alignement du servo de direction : il s'agit en réalité de la version mécanique du règlage de trim de direction. Je n'avais jamais trouvé cette solution de réglage sur les modèles Tamiya que je possède et qui sont sortis avant ce modèle. Ce détail est surprenant : soit les modèles précédents ne roulaient jamais droit sauf à ce que les servos de direction aient été parfaitement alignés au montage (et que le règlage de trim n'existait donc pas sur les radios), soit le réglage de trim existait sur les radios (ce qui est très probable) et dans ce cas, j'avoue ne pas comprendre pourquoi Tamiya a implanté ce réglage mécanique sur ce modèle.


Montage du servo de direction
Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault steering servo
Le trim de direction mécanique
Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault steering servo trim setup

Grâce au gain de place du combiné variateur/récepteur, j'ai pu installer le variateur mécanique d'origine dans le châssis : il est bien entendu désactivé mais sa présence rajoute un détail vintage. Puisque j'avais la place, j'ai également installé un porte-piles qui n'a pas d'autre utilité que de surélever les câbles du moteur pour qu'ils ne frottent pas contre l'arbre de transmission et ranger les câbles.


Le variateur mécanique pour la touche vintage
Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault mechanical speed controller
Le porte-piles pour le rangement des câbles
Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault receiver battery holder

Le châssis est maintenant terminé, câblé et testé. L'emplacement vide devant la platine centrale est prévu pour l'installation du récepteur et restera donc vide.


Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault ready to run chassis


N'ayant pas trouvé de solution satisfaisante pour maintenir les accus dans leur logement tout en permettant de les extraire pour les charger, ils sont simplement collés au double face sur le fond du châssis.



La carrosserie

Elle est en parfait état et complète (les si rares rétroviseurs sont dans un sachet). En revanche, les quelques autocollants présents montrent des signes de faiblesse : rien de grave puisque j'ai une planche neuve (une reproduction par Myles, alias tamkyo-reprodecals sur ebay). Il y a également quelques traces de projection de peinture à nettoyer sur l'arrière de la carrosserie, le pilote à repeindre intégralement avec les couleurs indiquées dans la notice et tout le bloc moteur à repeindre correctement.


Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault driver Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault engine

Et voici le résultat après plusieurs heures de peinture et le collage des autocollants :


Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault driver Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault engine

La livrée du casque de Didier Pironi me semblait plus intéressante à réaliser : c'est la raison pour laquelle je n'ai pas suivi l'habituel boxart avec René Arnoux. C'est à cette occasion que j'ai également découvert que ce modèle propose deux livrées très distinctes : l'habituelle Martini jaune et bleu du boxart et une livrée intégralement blanche dont je n'ai trouvé qu'un seul exemplaire (il s'agit du modèle de nigeninja de TamiyaClub).


Ma Renault Martini Mk.22 terminée
My Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault
La Renault Martini Mk.22 dans sa livrée alternative (© nigeninja)
Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault alternative livery

Mon modèle est maintenant terminé et prêt à rouler. Le châssis est simple et sans innovation technique particulière et la carrosserie déjà moulée dans les couleurs du boxart en font un modèle très accessible à un débutant. En revanche, pour donner davantage de réalisme au modèle, la peinture du bloc moteur s'avère indispensable mais elle est particulièrement complexe car le bloc moteur est solidaire du reste de la carrosserie : certaines parties sont très difficiles d'accès pour la mise en peinture. Quant à la réalisation de la livrée "Everest", elle requière un ponçage intégral et l'application d'un apprêt : ce n'est pas à la portée de tout le monde d'obtenir un résultat aussi réussi que celui de nigeninja), ceci expliquant très certainement pourquoi il est si rare de la voir. Pour ma part, j'ai toujours aimé la livrée jaune et bleu Martini et pour cette fois, je ne suis pas mécontent que mes goûts correspondent à la solution la plus simple à réaliser .



Première sortie

Enfin des températures plus clémentes et un temps à peu près correct : c'était l'occasion rêvée de faire découvrir la piste à ce modèle qui n'avait jusqu'alors connu que sa boite. Je n'ai malheureusement pu effectuer que quelques tours de piste mais il s'agissait avant tout d'un premier test : il y aura d'autres occasions de vider le pack d'accus.

Dès les premiers tours de roue, la Renault Martini se montre extrêmement vive : certes, le moteur n'a aucun problème pour faire bouger les 980g de la voiture (soit presque 1/3 de moins que ma Tyrrell P34 Six Wheeler) mais ce sont surtout les pneus qui sont incapables de passer correctement la puissance au sol. La direction est également très vive et précise dans les courbes à faible vitesse mais la ligne droite exige beaucoup d'attention car la voiture devient très délicate à contrôler. Dans tous les cas, c'est essentiellement le train arrière qui pose problème car la puissance du moteur combinée avec la faible adhérence des pneus ne pardonnent pas le moindre relâchement de concentration.

Esthétiquement, je trouve que la Renault Martini est très belle une fois posée sur le bitume de son environnement naturel. Même si elle exige beaucoup d'attention de la part du pilote, la voir rouler est un vrai régal. Mais il faut que je vous décrive le son que ne peuvent malheureusement pas restituer les photos : autant ma Tyrrell P34 Six Wheeler rugit d'une douce mélopée bien vintage (également connue sous le nom de "castagnette mécanique"), autant la Renault Martini produit un son qui serait presque réaliste. Le châssis n'émet pratiquement pas de bruit (merci le plastique) et laisse donc la transmission s'exprimer pleinement.


My Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault My Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault
My Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault My Tamiya 58014 Martini Mk.22 Renault

Lors de la prochaine sortie, je tenterai de filmer cette surprenante grand-mère des circuits.


D'autres photos sur la galerie.



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Dernière modification : 28 mars 2011